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La Médiation
à coups de canon
ou
"Le Juge
qui voulait se faire médiateur"
par
Paul Faiche
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Il
advint que Petit TOM,
Écarté
De sa famille paternelle,
Fut dépaysé,
Puis éloigné
En de lointaines contrées,
Par une mère
Déchaînée et révoltée.
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Comment
Faire grandir Petit TOM
Se demandait le père,
Et grandir avec lui?
Il disait:
Il faut la Paix,
Et non
Le silence des canons.
Il appela alors à une Justice,
Qui respecte les familles,
Permette le pardon
Et rende sa dignité
A lenfant détourné
Et à sa fratrie oubliée.
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à la manière de Monsieur
Jean
de La Fontaine
1992 |
Première salve
A la demande
du père,
Médiation par devant Médiateur,
Juge LOU
Pour ménager son imperium,
Répondit comme lEcclésiaste
Qui naime que lui même:
Médiation par devant Elle,
Médiation à coup de canons.
Il est
midi! Lheure de bâiller;
A peine sest elle promue médiateur,
Que juge LOU,
Sennuie déjà de médiatiser.
Il nest plus lheure !
Décole bilingue,
Projet du père et de l'enfant
On ne parlera point.
Et juge LOU clôt laudience.
Quon se le dise:
Le temps des canons
Nest pas le temps des projets !
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Deuxième salve
Petit TOM prête
à son père
Sa curiosité denfant
Et apprend quelques mots
Dallemand.
Vient alors le temps de concourir,
Et, avec lui, revient le temps des Non.
Veto de la mère !
Furieuse de cette prise de langue,
La mère ramène tout à la raison
De la langue maternelle.
Non! dit elle, Petit TOM nira pas
Au pays de son père.
Et Pan!
Sur lexpression de la différence
Si chère au révérend CLOU.
Il y a des limites à la différence
Comme à la tolérance !
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Troisième salve
Devant
juge LOU,
Appelé à la rescousse
Petit TOM,
Dit la mère en audience,
Ne veut point entendre
Allemand,
Mais anglais.
Et Pan!
Sur la loyauté de Petit TOM
A légard de son père.
Invité après ce coup à parler,
Petit TOM
Préfère se taire
Et pleure dans le silence.
Pleurs de mères aussi,
Car Juge LOU,
Empêtrée
Dans ses formalités
Autorise Petit TOM
A concourir,
Ce que refuse sa mère.
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Quatrième salve
A peine naissant,
Lamour de Petit TOM
Pour la langue paternelle
Senfuit tout aussitôt,
Avec son âme denfant.
Désormais docte et réfractaire,
Il ny a plus, dit lenfant mère,
Quanglais qui maille !
Interdit dallemand,
Petit TOM vivra, dit il,
Quand il sera grand,
Au Canada.
On ny parle
Ni anglais, ni allemand,
Mais sa langue.
Petit TOM est loyal
Avec son père,
Il concoure.
Toujours loyal
Avec sa mère,
Petit TOM échoue.
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Cinquième salve
En
guise dapaisement assuré,
Consulté,
Révérend CLOU
Qui officie en psy
Et fréquente Juge LOU,
Assidûment,
Sort un Statu quo
Et des Tiraillements
Pour enfoncer le clou.
Et Pan!
Sur le père et lenfant.
Protection et Rassurance,
Ne sont pas affaires de pères
Mais mamelles de mère,
Dit cet Ex-et-lent ex-pert
Qu'on se le dise.
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Sixième
salve
Protégé et rassuré,
Sans générosité,
A coups redoublés
Dintimidations
Et séductions,
Dont seuls ont le secret
Mères et experts,
Petit TOM abonde en rassurances.
Non! dit en audience,
Cette docte mère;
Mon enfant ne veut pas
Aller chez son père!
Il me la dit.
Et Pan! encore
Sur la loyauté de lenfant
A légard de son père.
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Septième Salve
Peu
enclin à regarder
Avec des yeux denfant,
Juge LOU,
Ne voit de la bataille
Que les tiraillements
De Révérend CLOU,
Lui même partagé
Dans ses loyautés
Par le choix insensé
Auquel il se croit appelé
Mais alors, pense tout fort,
Notre juge médiateur
Si Tiraillements il y a
Cest quil y a Tirailleur!
Et le sang de notre juge de cour
Médiateur improvisé,
Et canonnier de coeur
Ne fait quun tour.
Adieu, donc,
Justice, Vertu et Loyauté!
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Huitième Salve
Faisant
fi
Des violences à loyauté,
Colères de mères,
Et bruits dexperts,
Volontaire et décidée,
Juge LOU est fascinée
Par la violence et les odeurs
De mitraille et de bataille.
Elle fait Pan Pan,
Encore,
Sur le Père-tubateur
Forcément Tirailleur,
Pour faire,
Comme à lordinaire,
Morale judiciaire.
Selon que vous serez,
Mères ou pères,
Ordonne
Juge LOU,
Vous serez,
Puissants ou misérables,
Honorés ou coupables.
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