Critique de ma démarche
Document joint: Requête de septembre 1992
J'ai exprimé sans ambiguïté dans ma requête de septembre 1992 la nature de mes demandes, en particulier celle de médiation tout en précisant clairement les enjeux de cette demande. Tout m'a confirmé, dans ce qui s'est suivi que mon évaluation des comportements de Mlle MAIRE était juste et que je ne pouvais faire autrement que m'adresser à la justice.
Peut être ai je fait erreur en demandant à un JAM d'ordonner cette médiation?
Peut être la justice de Bordeaux a t'elle commise elle même une erreur de nommer sur cette demande la même juge, qui quelques années auparavant, avait eu à intervenir dans ce conflit?
S'agissant principalement d'une demande de médiation pour mise en application d'une ordonnance d'autorité parentale conjointe, peut être aurais je du présenter cette demande devant un juge spécialisé qui veille à l'application des ordonnances comme cela est le cas, je crois, pour les pensions alimentaires?
Je me suis présenté à l'audience de février 1993 sans avocat; bien que je ne le referais pas si j'avais à le refaire, je ne suis pas persuadé que l'assistance d'un avocat aurait changé quelque chose à la décision qui fut prise ce jour là.
Lors de l'audience, l'exposé de ma demande ne fut suivie d'aucun échange effectif, seulement quelques questions de la juge sur mes intentions.
Déconcerté par cette attitude de la juge que j'avais imaginée plus réceptive, et voyant qu'elle ne laissait pas d'autre alternative à ma demande de médiation qu'une expertise psychologique de Corentin avec entretien des parents, j'acceptais après hésitations (je crois que celle de la mère aurait été plus utile).
Critique du rapport Cloupet
Documents joint: Rapport et commentaires faits à chaud
Lettre de Raymond BLET
Dossier de plaidoirie Mr PIK
J'ai eu connaissance de ce rapport le 20 juin environ, soit 9 jours seulement avant l'audience du 29 juin, dont il constituait un élément essentiel; le 25 juin Raymond BLET m'adressait un courrier désespérant où il allait jusqu'à mettre en question sa présence, convenue, à l'audience ... ce qui me conduit à me demander: un avocat qui n'est pas psychologue de métier a t'il les moyens de critiquer le fond d'un tel rapport? Peut il exercer son métier? Le juge n'organise t'il pas l'impossibilité du dialogue en faisant appel à ce type d'experts?
o Dans l'entretien avec moi, Mr Cloupet fait les réponses
Lors de l'entretien, j'hésitais à parler de ce que je ressentais comme des violences de la part de Mlle MAIRE, sujet que j'ai d'ailleurs toujours scrupule à aborder. Alors que j'allais lui en parler, Mr CLOUPET me coupa la parole: "Mlle MAIRE fit preuve d'humanité" me dit il ... et je fus coupé dans mon élan. Mr CLOUPET rapporte son propos comme si c'était le mien ... manifestement la violence le dérange. Conscient que l'entretien ne me permit pas de faire le tour de la question, je proposai à Mr CLOUPET de le rencontrer à nouveau, proposition restée sans réponse.
o De Mlle MAIRE, Mr CLOUPET brosse une image pieuse
L'image de Mlle MAIRE que Mr CLOUPET donne, semble le bluffer complètement , . J'ai vécu de mon coté la séparation que Mr CLOUPET décrit ici avec complaisance et dont je me sentis le jouet; j'éprouve le besoin d'y apporter ma vérité pour mettre une limite à cette calomnie permanente qu'est devenue la parole de Mlle MAIRE à mon égard.
Je crois qu'on ne peut pas comprendre l'éloignement qu'a installé Mlle MAIRE ni la persistance du conflit parental, s'il n'est fait mention des violences et conflits, qu'elle porte en elle et dont elle m'a chargé.
Les violences familiales qu'elle a connues ont conduit ses frères à des ruptures familiales violentes et tenaces, des éloignements (l'Australie), des conduites de drogue et de délinquance, de racisme, des divorces.
Elle m'a chargé aussi de tout le conflit que la société introduit dans sa vie de femme et a fait de notre espace familial un bouc émissaire facile de ses difficultés personnelles.
Mr CLOUPET ignore tout cela
o De l'entretien avec Corentin
Mr CLOUPET note un besoin de rassurance et de protection de Corentin (auprès de la mère ajoute t'il ce qui est la réponse que lui souffle son idéologie fonctionnelle où seule la mère semble disposer de cette capacité de protection et de rassurance?
Il note également une difficulté de dialogue avec moi qu'il attribue à mon exigence. Mr CLOUPET n'envisage pas que la mère de Corentin pourrait mettre de la distance et d'autres barrières pour empêcher le dialogue entre Corentin et son père.
Paradoxalement, alors qu'il constate que Corentin est freiné dans son élan, il le renvoie à l'immobilisme.
o Des conclusions que tirent Mr CLOUPET
L'avis de Mr CLOUPET tient dans le premier mot des conclusions de son rapport: "statu quo".
Cet avis est fondé, de mon point de vue, sur des entretiens trop superficiels avec les parents; c'est un avis qui reste très subjectif et repose sur l'application de stéréotypes professionnels: dans ses commentaires, Mr CLOUPET ne voit pas les personnes, mais les fonctions, le père, la mère ... Mr CLOUPET norme; c'est sa fonction. Il fait de la réalité une romance d'où il exclut toute violence même la sienne ..
On peut penser que les nuances introduites dans ses conclusions "mûri et accepté", "pour le moment", "garantie d'un cadre apaisant" sont des éléments positifs signifiant sa compréhension de la nécessité d'une évolution et qu'elles seront pour la juge autant d'indications à envisager de manière bienveillante le processus de changement que je demande via la médiation.
Critique de la décision du juge
Document joint: ordonnance du 29 Juin
La date tardive du 29 Juin fixée par la juge pour entendre le rapport de l'expert psychologue laissait en suspens la décision demandée et ruinait mon projet de médiation avec Mlle MAIRE sur le devenir de Corentin, en particulier sur le choix d'une école ... ce qui m'obligera à revenir devant la juge par voie de référé avant le terme choisi par elle.
Cette date tardive signifiait implicitement le refus de ma demande de médiation dont les enjeux avaient été bien posés dans ma requête.
J'ai la conviction que Mme LOUMAIGNE pratique là un détournement d'enjeux et inverse les priorités. Alors que ce qui est en jeu dans ma demande est une médiation, c'est à dire la mise en oeuvre d'un moyen possible pour résoudre le conflit parental, Mme LOUMAIGNE déplace l'enjeu vers sa problématique habituelle et personnelle de juge, l'intérêt (au sens d'un juge) de l'enfant, et ne juge pas de ce qui lui est demandé.
Ce choix de date est donc le signe du préjugé défavorable de Mme LOUMAIGNE à propos de médiation. La suite des événements servira à camoufler plus ou moins le parti pris initial de la juge en "prise de partie délibérée" pour que les apparences de l'impartialité soient sauves. Mr CLOUPET lui offre le prétexte sur un plateau.
Comment Mme LOUMAIGNE s'y prend elle pour justifier son préjugé défavorable?
Sur le texte de son ordonnance du 29 juin, elle invoque le "tiraillement intérieur" de l'enfant pour fixer une culpabilité qui n'a rien de juridique et me l'attribuer par la suite par ses refus à mes demandes et la condamnation aux dépens.
La demande de médiation est ensuite évacuée par une pirouette: c'est parce que l'enjeu (la résidence de l'enfant, prérogative du juge) de la médiation ne peut être modifié (pour raisons d'anxiété) que la médiation ne peut être imposée à la mère;
et pour dire plus court:
C'est parce qu'une médiation ne doit rien changer qu'elle est impossible.
Quelques commentaires
Mme LOUMAIGNE montre à l'évidence qu'un juge ne peut faire fonction de médiateur; la mission qu'il reçoit, ou du moins l'idée qu'il se fait de sa fonction peut entrer en contradiction complète avec celles de médiateur); il ne faut pas non plus oublier que le médiateur a besoin d'être reconnu comme tel par le justiciable.
Mme LOUMAIGNE illustre également et parfaitement "l'attrape couillon" que peut constituer l'appel à l'institution judiciaire pour un père. Un père vient et croit que le juge va arbitrer un conflit entre parents et rendre à chacun sa juste place; funeste erreur, cela n'est pas ce qui se passe: le juge joue un autre jeu dont les parents ne sont que spectateurs: il n'en à rien à cirer des conflits parentaux: seul l'intéresse le rôle de démiurge des relations familiales que le législateur lui laisse en lui confiant, bien légèrement, de dire l'intérêt supérieur de l'enfant.