La Bélogue

En partant à l’école, avec nos galoches

mardi 25 mai 2010 par Paul FAICHE

Lorraine en Hiver, 1954

Chaque matin, été comme hiver, ils ont une heure de marche pour aller de la ferme familiale jusqu’à l’école du village.
Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, qu’il fasse jour ou qu’il fasse nuit, ils seront aux portes de l’école à 8h30.
L’hiver, ils déposent leur cape raidie par le froid, dénouent les cache nez qui les emmitouflent et sont couverts de givre, et s’approchent du poêle à bois pour réchauffer leurs corps engourdis.
Entre le haut des chaussettes bien étirées et le bas de la solide culotte de velours, apparaissent les genoux, rougis et bleuis par le gel, et exposés aux morsures de l’air mauvais.
Les mains, d’abord frottées l’une contre l’autre, sont ensuite réchauffées par les souffles répétés des haleines expirées vigoureusement dans leur creux.

Alors, réconfortés, les corps s’ébrouent du contentement de la chaleur bienfaisante.

Tout à l’heure, de leurs mains et doigts encore engourdis par le froid, ils s’échineront et s’appliqueront à l’écriture.

Ainsi, chaque matin d’hiver, béni par la marche de ces jeunes enfants, est il une conquête de la vie qui pousse et patiente sous les froidures à la recherche de son soleil.

Demain, dans 10 ans, dans 20 ans, ces petits enfants seront grands. Qui sait ce qu’ils auront fait de leur chance.

Photographie de Willy Ronnis, Lorraine en hiver, 1954


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