La Bélogue
La Palestine, membre observateur des Nations Unies

Discours du président Mahmoud Abbas devant l’Assemblée générale des Nations Unies

Texte intégral, en français, du discours
vendredi 30 novembre 2012 par INVITES

La Palestine est devenue jeudi 29 novembre un Etat observateur aux Nations unies. Le vote de cette résolution, qui fait de la Palestine un Etat observateur non membre de l’ONU, a été acquis à une majorité de 138 voix pour, 9 contre dont les Etats-Unis et Israël, et 41 abstentions parmi les 193 pays membres.
Lorsqu’il est monté à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies pour faire son discours d’une quarantaine de minutes, Mahmoud Abbas a reçu une ovation debout et un accueil chaleureux . Historique, ce vote de l’Assemblée générale de l’ONU a été qualifié par le président palestinien d’« acte de naissance » et accueilli par une explosion de joie à Ramallah.
En conclusion de son discours, Mahmoud Abbas a signalé qu’il avait présenté une demande d’adhésion à l’ONU, comme membre à part entière, et déclaré « Votre soutien à la création de l’Etat de Palestine et pour son admission à l’Organisation des Nations Unies en tant que membre à part entière est la plus grande contribution à la pacification de la Terre Sainte ».

Monsieur le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies,
Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Au départ, je tiens à adresser mes félicitations à SEM Nassir Abdulaziz Al-Nasser pour son accession à la présidence de l’Assemblée de cette session, et nous lui souhaitons tout le succès possible.

Je réaffirme aujourd’hui mes sincères félicitations, au nom de l’Organisation de libération de la Palestine et du peuple palestinien, au gouvernement et au peuple Sud-Soudan pour son admission méritée en tant que membre à part entière de l’Organisation des Nations Unies, en leur souhaitant le progrès et la prospérité.

Je félicite également le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, pour son élection à un nouveau mandat à la tête de l’Organisation des Nations Unies. Ce regain de confiance reflète l’appréciation du monde pour ses efforts, qui ont renforcé le rôle de l’Organisation des Nations Unies.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

La question palestinienne est intimement liée à l’Organisation des Nations Unies par les résolutions adoptées par ses divers organes et agences, et par le rôle essentiel et reconnu, en matière de secours, des Nations Unies et de son agence pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient - UNRWA - qui incarnent la responsabilité internationale envers la détresse des réfugiés palestiniens, victimes de la Nakba (catastrophe), en 1948. Nous espérons et appelons à un rôle accru et plus efficace des Nations Unies pour parvenir à une paix juste et globale dans notre région qui assure des droits inaliénable, nationaux et légitimes au peuple palestinien tels qu’ils ont été définis par les les résolutions, de légitimité internationale, prises par les Nations Unies.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Il y a un an, dans cette salle et à cette même époque, des dirigeants distingués ont appelé à réveiller les efforts de paix, en sommeil, dans notre région. Tout le monde avait de grands espoirs dans le nouveau cycle de négociations sur le statut final, qui avait commencé au début de Septembre à Washington, directement sous les auspices du président Barack Obama, avec la participation du Quartet, et celles égyptienne et jordanienne, pour atteindre un accord de paix d’ici un an. Nous sommes entrés dans les négociations avec des cœurs ouverts, les oreilles attentives, des intentions sincères, et nous étions prêts avec nos documents, pièces et propositions. Mais les négociations ont été rompues quelques semaines seulement après leur lancement.

Après cela, nous n’avons ni abandonné ni cessé nos efforts pour les initiatives et les contacts. Au cours de la dernière année, nous n’avons négligé aucune porte susceptible d’être frappée, aucun canal à tester ou encore aucun chemin à prendre ; nous n’avons négligé de tenir compte d’aucune partie, d’influence et d’importance, qu’elle soit formelle ou informelle. Nous avons examiné positivement les différentes idées, propositions et initiatives, présentées par de nombreux pays et parties. Mais tous ces efforts sincères et ceux déployés par les parties internationales ont été à chaque fois détruit par les positions du gouvernement israélien, qui a rapidement anéanti les espoirs suscités par le lancement des négociations en Septembre dernier.

La question centrale ici est que le gouvernement israélien refuse de s’engager sur le mandat pour les négociations qui sont fondées sur le droit international et les résolutions des Nations Unies, et qu’il continue frénétiquement à intensifier la construction de colonies de peuplement sur le territoire de l’Etat de Palestine.

Les activités de colonisation incarnent le cœur de la politique de l’occupation militaire coloniale de la terre du peuple palestinien, et tout ce que cette politique entraîne en matière de brutalité de l’agression et de discrimination raciale contre notre peuple. Cette politique, qui constitue une violation du droit international humanitaire et des résolutions des Nations Unies, est la principale cause de l’échec du processus de paix, l’effondrement de dizaines de possibilités, et l’enterrement des grands espoirs qui ont surgi lors de la signature de la Déclaration de principes en 1993, entre l’OLP et Israël, pour parvenir à une paix juste qui signerait une nouvelle ère pour notre région.

Les rapports des missions des Nations Unies, ainsi que ceux de plusieurs institutions et sociétés civiles israéliennes donnent une image terrible de l’ampleur de la campagne de colonisation, dont le gouvernement israélien n’hésite pas à se vanter ; par cette campagne, Israel continue à exécuter la confiscation systématique de terres palestiniennes et la construction de milliers de nouveaux logements dans les différents domaines de la Cisjordanie, en particulier à Jérusalem-Est ; la construction accélérée du mur d’annexion mange de grandes étendues de notre pays et le divise en îlots séparés et isolés, en cantons, détruisant la vie de famille, les communautés et les moyens de subsistance de dizaines de milliers de familles. La puissance occupante continue également de refuser à notre peuple des permis de construire dans Jérusalem-Est occupée, en même temps qu’elle intensifie sa longue et ancienne campagne de démolition - elle date de plusieurs décennies - et de confiscation des maisons, déplaçant les propriétaires et résidents palestiniens dans le cadre d’une politique multidimensionnelle de nettoyage ethnique, qui vise à les expulser de leur patrie ancestrale. En outre, des ordres ont été émis pour expulser les élus de la ville de Jérusalem. La puissance occupante continue également d’entreprendre des fouilles qui menacent nos lieux saints, et ses points de contrôle militaires empêchent nos citoyens d’avoir accès à leurs mosquées et églises, et elle continue d’encercler et d’assiéger la Ville Sainte avec un anneau de colonies destiné à séparer la Ville Sainte du reste des villes palestiniennes.

L’occupation est une course contre le temps destinée à redessiner les frontières de notre pays selon ses volontés, et d’imposer ainsi un fait accompli sur le terrain qui change les réalités et compromette la possibilité réaliste de l’existence de l’Etat de Palestine.

Dans le même temps, la puissance occupante continue d’imposer son blocus sur la bande de Gaza et de cibler les civils palestiniens par des assassinats, des attaques aériennes et des bombardements d’artillerie, persistant avec sa guerre d’agression de trois ans sur Gaza, Ce qui a entraîné la destruction massive des maisons, des écoles, des hôpitaux et des mosquées, et des milliers de martyrs et de blessés.

La puissance occupante continue également ses incursions dans les domaines de l’Autorité nationale palestinienne à travers des raids, des arrestations et des meurtres aux postes de contrôle. Ces dernières années, les actions criminelles des milices de colons armés, qui jouissent de la protection spéciale de l’armée d’occupation, s’est intensifiée avec la perpétration d’attaques fréquentes contre notre peuple, en ciblant nos maisons, écoles, universités, mosquées, champs, cultures et arbres. En dépit de nos avertissements répétés, la puissance occupante n’a pas agi pour mettre fin à ces attaques et nous la tenons pour entièrement responsables des crimes des colons.

Ce ne sont que quelques exemples de la politique d’occupation- colonisation israélienne ; cette politique est responsable de l’échec persistant des tentatives successives internationales pour sauver le processus de paix.

Cette politique va détruire les chances de parvenir à une solution à deux Etats sur lesquels il existe un consensus international, et ici je mets en garde à haute voix : Cette politique de colonisation menace aussi de saper la structure de l’Autorité nationale palestinienne et même de mettre fin à son existence.

En outre, nous sommes confrontés aujourd’hui à l’imposition de nouvelles conditions qui transformeront le conflit qui fait déjà rage dans notre région, en un conflit religieux et une menace pour l’avenir d’un million et demi de Palestiniens, chrétiens et musulmans, citoyens d’Israël ; nous rejetons ces nouvelles conditions et refusons d’être entrainés dans ce nouveau conflit.

Toutes ces mesures prises par Israël dans notre pays sont des actions unilatérales.

Elles ne sont pas basées sur des accords antérieurs. En effet, ce que nous voyons est une application sélective des accords visant à perpétuer l’occupation. Israël ré-occupe les villes de la Cisjordanie par une action unilatérale, et rétablit l’occupation civile et militaire par une action unilatérale ; il est celui qui détermine si oui ou non un citoyen palestinien a le droit de résider dans n’importe quelle partie du Territoire Palestinien. Et il a confisqué nos terres et notre eau, entrave nos mouvements ainsi que la circulation des marchandises.
Tout cela constitue une entrave à notre « vivre ensemble ».
Tout cela est unilatéral.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

En 1974, notre défunt dirigeant Yasser Arafat est arrivé dans cette salle et a assuré les membres de l’Assemblée générale quand à notre recherche positive pour la paix, exhortant les Nations Unies à la réalisation des droits nationaux inaliénables du peuple palestinien, en déclarant : « Ne laissez pas la branche d’olivier tomber de ma main ».

En 1988, le Président Arafat s’est à nouveau adressé à l’Assemblée générale qui s’est tenue à Genève pour l’entendre ; il y a présenté le programme de paix palestinien adoptée par le Conseil national palestinien lors de sa session tenue cette année en Algérie.

Lorsque nous avons adopté ce programme, nous avons fait le choix d’une étape douloureuse et très difficile pour nous tous, surtout pour ceux qui, comme moi, ont été forcés de quitter leurs maisons, leurs villes et villages, emportant seulement certains de leurs biens, leur chagrin et souvenirs, et les clés de nos maisons, pour aller dans les camps de l’exil et de la diaspora, en 1948 lors d’Al-Nakba , l’une des pires opérations de déracinement, de destruction et d’enlèvement d’une société dynamique et cohérente qui avait contribué d’une manière pionnière et leader dans la renaissance culturelle, éducative et économique de l’Orient arabe.

Pourtant, parce que nous croyons en la paix et en raison de notre conviction dans la légitimité internationale, et parce que nous avons eu le courage de prendre des décisions difficiles pour notre peuple, et en l’absence d’une justice absolue, nous avons décidé d’adopter la voie de la justice relative - que la justice est possible et pourrait corriger une partie de la grave injustice historique commise contre notre peuple. Ainsi, nous avons décidé de créer l’État de Palestine sur seulement 22% du territoire de la Palestine historique, sur tout le Territoire Palestinien occupé par Israël en 1967.

En faisant le choix de cette étape historique, qui a été saluée par les Etats du monde, nous avons fait une concession majeure afin de parvenir à un compromis historique qui permettrait la paix soit faite sur la terre de la paix.

Dans les années qui ont suivi - de la Conférence de Madrid et les négociations menant à Washington l’accord d’Oslo, qui a été signé il ya 18 ans dans le jardin de la Maison Blanche et a été lié avec les lettres de reconnaissance mutuelle entre l’OLP et Israël, nous avons persévéré, traité et participé de manière positive et responsable à tous les efforts visant à la réalisation d’un accord de paix durable. Pourtant, comme nous l’avons dit précédemment, chaque initiative et chaque conférence et chaque nouveau cycle de négociations et chaque mouvement a été brisé sur le roc du projet d’expansion des colonies israéliennes.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Au nom de l’Organisation de libération de la Palestine, seule représentant légitime du peuple palestinien, ce qui restera ainsi jusqu’à la fin du conflit dans tous ses aspects et jusqu’à la résolution de toutes les questions du statut final, je confirme ce qui suit :

1. L’objectif du peuple palestinien est la réalisation de ses droits nationaux inaliénables dans son État indépendant de Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale, sur tout le territoire de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et la bande de Gaza, occupée par Israël depuis la guerre de Juin 1967, en conformité avec les résolutions de légitimité internationale et avec la réalisation d’une paix juste et convenue solution à la question des réfugiés palestiniens conformément à la résolution 194, tel que stipulée dans l« ’Initiative de paix arabe », qui a présenté la vision du consensus arabe pour résoudre, au cœur, le conflit israélo-arabe et de parvenir à une paix juste et globale. A ceci nous adhérons, et c’est ce à quoi nous travaillons pour atteindre une paix juste. La réalisation de cette paix tant désirée exige également la libération des prisonniers et détenus politiques dans les prisons israéliennes sans délai.

2. L’OLP et le peuple palestinien adhère au renoncement à la violence et au rejet et à la condamnation du terrorisme sous toutes ses formes, en particulier le terrorisme d’État, et adhère à tous les accords signés entre l’OLP et Israël.

3. Nous adhérons à la possibilité de négocier une solution durable au conflit, conformément aux résolutions de légitimité internationale. Ici, je déclare que l’OLP est prête à retourner immédiatement à la table des négociations sur la base des termes de référence adoptés sur la base de la légitimité internationale et une cessation complète des activités de colonisation.

4. Notre peuple continuera sa résistance pacifique à l’occupation israélienne et ses règlements et politiques d’apartheid racistes par la construction du mur d’annexion ; il bénéficie d’un soutien pour sa résistance, ce qui est conforme au droit international humanitaire, aux conventions internationales, et a le soutien de la militants pour la paix en Israël et dans le monde entier ; ceci reflète un impressionnant exemple, inspirant et courageux, de la force de ce peuple sans défense, armé seulement de sess rêves, de courage, d’espoir et de slogans face à des balles, des chars, des gaz lacrymogènes et des bulldozers.

5. Lorsque nous exposons notre situation et notre cas devant cette tribune internationale, il s’agit d’une confirmation de notre dépendance à l’égard de l’option politique et diplomatique ; c’est une confirmation que nous n’engageons pas de mesures unilatérales. Nos efforts ne visent pas à isoler Israël ou à le délégitimer ; nous voulons plutôt donner une légitimité à la cause du peuple Palestine. Nous ne visons qu’à délégitimer les activités de colonisation, d’occupation, d’apartheid et la logique de la force brutale ; A cet égard, nous croyons que tous les pays du monde sont avec nous.

Je suis ici pour vous dire au nom du peuple palestinien et de l’Organisation libération de la Palestine :

Nous tendons la main au gouvernement israélien et au peuple israélien pour faire la paix.

Je leur dis : Laissez-nous d’urgence bâtir ensemble un avenir pour nos enfants où ils peuvent jouir de la liberté, de la sécurité et de la prospérité.
Laissez-nous construire des ponts de dialogue au lieu de points de contrôle et de murs de séparation, et construire des relations de coopération fondée sur la parité et l’équité entre les deux États voisins - Palestine et Israël - au lieu des politiques d’occupation, de colonisation, de guerre et d’élimination de l’autre.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Malgré le droit incontestable de notre peuple à l’autodétermination et à l’indépendance de son Etat comme stipulé dans les résolutions internationales, nous avons accepté dans les dernières années de nous engager dans ce qui apparait être un test de notre dignité, de nos droit et de notre éligibilité. Au cours des deux dernières années, notre autorité nationale a mis en place un programme de construction de nos institutions étatiques. En dépit de la situation extraordinaire et des obstacles israéliens imposés, un projet sérieux et vaste a été lancé qui a inscrit la mise en œuvre des plans visant à améliorer et à faire progresser la justice et l’appareil de maintien de l’ordre et de la sécurité, de mettre au point des systèmes administratifs, financiers et de contrôle, d’améliorer la performance des institutions, de renforcer notre autonomie et de de réduire la nécessité de l’aide étrangère. Avec le soutien reconnaissant des pays arabes et de donateurs des pays amis, un certain nombre de grands projets d’infrastructure ont été mis en place, axé sur divers aspects du service, avec une attention particulière aux zones rurales et marginalisées.

Au milieu de ce projet d’envergure nationale, nous avons renforcé ce que nous pensons être les caractéristiques de notre Etat : de la préservation de la sécurité pour le citoyen et l’ordre public ; à la promotion de l’autorité judiciaire et la primauté du droit, au renforcement du rôle des femmes par la législation, des lois et de la participation ; d’assurer la protection des libertés publiques et le renforcement du rôle des institutions de la société civile ; l’institutionnalisation des règles et des règlements pour assurer la responsabilisation et la transparence dans le travail de nos ministères et départements ; d’enraciner les piliers de la démocratie comme base de la vie politique palestinienne.

Lorsque la division a frappé l’unité de notre patrie, des personnes et des institutions, nous avons décidé d’adopter le dialogue pour la restauration de notre unité. Nous avons réussi depuis quelques mois dans la réalisation de la réconciliation nationale et nous espérons que sa mise en œuvre sera accélérée dans les prochaines semaines. Le pilier central de cette réconciliation était de se tourner vers le peuple à travers des élections législatives et présidentielles d’ici un an, parce que l’Etat que nous voulons sera un État caractérisé par la primauté du droit, l’exercice démocratique et la protection des libertés et de l’égalité de tous les citoyens sans aucune discrimination, et le transfert du pouvoir par les urnes.

Les rapports, publiés récemment par les Nations Unies, la Banque mondiale, le Comité de liaison ad hoc (AHLC) et le Fonds monétaire international, confirment et louent ce qui a été accompli, le considérant comme un modèle remarquable et sans précédent. La conclusion consensuelle et récente du Comité spécial de liaison décrit ce qui a été accompli comme une « success story internationale remarquable » et confirme l’aptitude du peuple palestinien et de ses institutions pour l’indépendance immédiate de l’Etat de Palestine.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Il n’est plus possible de corriger le problème de l’obstruction de l’horizon des pourparlers de paix avec les mêmes moyens et les méthodes qui ont été maintes fois éprouvées et qui se sont avérées infructueuses au cours des dernières années. La crise est trop profonde pour être négligée, et le plus dangereux serait des tentatives de simple contournement ou de retardement de l’explosion.

Il n’est ni possible, ni pratique, ni acceptable de revenir à la conduite des affaires comme d’habitude, comme si tout va bien. Il est inutile d’entrer dans des négociations sans paramètres clairs et en l’absence de crédibilité et d’un calendrier précis. Les négociations seront sans effet tant que l’armée d’occupation sur le terrain continue à consolider son occupation, au lieu de le faire reculer, et continue de changer la démographie de notre pays afin de créer une nouvelle base sur laquelle de modifier les frontières.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est un moment de vérité et mon peuple attend d’entendre la réponse du monde. Permettra t’il à Israël de poursuivre son occupation, la seule occupation dans le monde ? Permettra t’il à Israël de rester un Etat au-dessus de la loi,dispensé de rendre des comptes ?
Permettra t’il à Israël de continuer à rejeter les résolutions du Conseil de sécurité, de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, de la Cour internationale de Justice, et les positions de la majorité écrasante de pays dans le monde ?

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je viens devant vous aujourd’hui, depuis la Terre Sainte, la terre de Palestine, la terre des messages divins, de l’ascension du Prophète Muhammad (paix soit sur lui) et le lieu de naissance de Jésus-Christ (que la paix soit sur lui), parler au nom du peuple palestinien dans sa patrie et dans la Diaspora, et de là je viens dire, après les 63 années de souffrance de la Nakba qui continuent :

Assez ! Il est temps pour le peuple palestinien de recouvrer sa liberté et son indépendance.

Le temps est venu de mettre fin à la souffrance et à la détresse de millions de Palestiniens réfugiés dans le pays d’origine et de la diaspora, de mettre fin à leur déplacement, et de permettre qu’ils exercent leurs droits ; certains d’entre eux ont été contraints de se réfugier plus d’une fois dans des endroits différents du monde.

A l’heure où les peuples arabes affirment leur quête de la démocratie - le Printemps arabe - le moment est venu pour le printemps palestinien, le temps de l’indépendance.

Le temps est venu pour nos hommes, femmes et enfants de vivre une vie normale, pour qu’ils soient en mesure de dormir sans attendre le pire que le lendemain apportera, pour les mères d’être assurées que leurs enfants rentrent chez eux sans crainte de la souffrance du meurtre, de l’arrestation ou de l’humiliation, pour les élèves d’être capables d’aller à leurs écoles et universités sans checkpoints ni obstruction.
Le temps est venu pour les malades d’être en mesure d’atteindre les hôpitaux normalement, et pour nos agriculteurs d’être en mesure de prendre soin de leur bonne terre sans crainte de l’occupation qui saisit les terres et l’eau auxquels la paroi empêche l’accès ; pour les agriculteurs aussi d’être débarassé de la peur des colons, dont les colonies sont construites sur notre territoire et qui ont déraciné et brûlé les oliviers qui existent depuis des centaines d’années.
Le temps est venu pour les milliers de prisonniers d’être libérés des prisons de retourner à leurs familles et enfants, de contribuer à la construction de leur patrie, à laquelle ils ont sacrifié leur liberté.

Mon peuple désire exercer son droit à jouir d’une vie normale comme le reste de l’humanité. Ils croient en ce que le grand poète Mahmoud Darwish dit : « être là, rester là, en permanence, éternellement, nous avons un but, un but, un : exister. »

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Nous apprécions et valorisons profondément les positions de tous les États qui ont soutenu notre lutte et nos droits et reconnu l’Etat de Palestine à la suite de la Déclaration d’Indépendance en 1988, ainsi que les pays qui ont récemment reconnu l’Etat de Palestine et ceux qui ont mis à jour le niveau de la représentation Palestinienne dans leurs capitales. Je salue également le Secrétaire général, qui a déclaré il ya quelques jours que l’État Palestinien devrait avoir été créé depuis plusieurs années.

Soyez assurés que ce soutien à notre peuple a plus de valeur pour nous que vous ne pouvez l’imaginer, car il nous donne le sentiment que quelqu’un est à l’écoute de leur récit et que leur tragédie et les horreurs de la Nakba et de l’occupation, à partir de laquelle ils ont tellement souffert, ne sont pas ignorés. Et, il renforce leur espoir qui découle de la conviction que la justice est possible dans ce dans ce monde. La perte d’espoir est l’ennemi le plus féroce de la paix, et le désespoir est le meilleur allié de l’extrémisme.

Je dis : Le temps est venu pour mon peuple courageux et fier, après des décennies d’occupation coloniale et le déplacement et la souffrance incessante, de vivre comme les autres peuples de la terre, libre dans une patrie souveraine et indépendante.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je tiens à vous informer que, avant de faire cette déclaration, j’ai présenté, en ma qualité de Président de l’Etat de Palestine et Président du Comité exécutif de l’OLP, à M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, une demande d’admission de la Palestine sur la base des frontières du 4 juin 1967, avec Al-Qods Al-Charif pour capitale, en tant que membre à part entière de l’Organisation des Nations Unies.

Je demande à Monsieur le Secrétaire général d’accélérer la transmission de notre demande au Conseil de sécurité, et j’invite les éminents membres du Conseil de sécurité de voter en faveur de notre adhésion pleine et entière. J’appelle aussi les Etats qui n’ont pas encore reconnu l’Etat de Palestine à le faire.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le soutien des pays du monde pour notre entreprise est une victoire pour la vérité, la liberté, la justice, le droit et la légitimité internationale, et il fournit un soutien considérable pour l’option de la paix et améliore les chances de succès des négociations.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Votre soutien à la création de l’Etat de Palestine et pour son admission à l’Organisation des Nations Unies en tant que membre à part entière est la plus grande contribution à la pacification de la Terre Sainte.

Je vous remercie.


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