La Bélogue
Dix propositions des socialistes européens

Comment contrer l’Europe de l’austérité

lundi 27 février 2012 par INVITES

Les citoyens européens peuvent juger par eux-mêmes les conséquences de la domination de la droite au pouvoir dans pratiquement tous les Etats membres de l’Union européenne en même temps qu’elle fait la loi à Bruxelles. La gestion de la crise des dettes souveraines par les conservateurs, au cours des deux dernières années, a été une désolante saga de gabegie politique et d’incompétence économique. Les citoyens vont maintenant payer le prix d’illusoires remèdes miracles datant des années 1920, imposés par les conservateurs - un prix qui prendra la forme de taux de chômage similaires à ceux que l’Europe a connus dans les années 1930.
Le modèle qu’ils mettent en avant est celui d’une Union de l’austérité qui réduira le niveau de vie de presque tous, aggravera les inégalités, sapera les fondations de l’Etat social - qui est une contribution spécifique de l’Europe au développement de l’humanité - et cédera le pouvoir d’arbitrage politique à des autorités non élues, dans l’espoir, vain, d’apaiser le marché.

Nous, signataires, membres de partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes, sommes convaincus que les citoyens européens méritent mieux que les perspectives inquiétantes promises par les conservateurs. A cette fin nous proposons quelques idées fondamentales pour une réforme socialiste qui pourrait constituer la base d’un nouvel appel aux citoyens européens.

Cette crise devrait donner à la gauche toutes les armes pour dénoncer avec force l’incapacité de la droite à faire face et à offrir à l’Europe la moindre direction. Mais cela ne sera crédible que si la gauche est en mesure d’offrir un ensemble cohérent de propositions pour répondre à la crise. La gauche devrait maintenant développer une plate-forme commune pour l’avenir. Celle-ci devrait comprendre les dix composants suivants :

- 1. Une politique économique pour l’Union qui place les objectifs économiques et sociaux inscrits dans le traité (croissance, plein emploi, inclusion sociale) au coeur du processus de décision politique, avec autant de vigueur et de force organisationnelle que celles qui sont consacrées à l’objectif de discipline budgétaire ; en complément, une actualisation des objectifs sociaux de l’UE est urgente pour intensifier la lutte contre la pauvreté et renforcer le dialogue social ; à cette fin, un ensemble de droits et d’objectifs sociaux fondamentaux devrait être inclus dans le traité avec les mêmes instruments de surveillance et de mise en oeuvre que ceux qui existent pour garantir les libertés économiques.

- 2. La viabilité de la monnaie unique : le mandat de la Banque centrale européenne (BCE) doit évoluer en reconnaissant son droit à acheter des obligations d’Etat quand la monnaie est attaquée, avec une responsabilité effectivement partagée pour la gouvernance économique ; si la BCE n’est pas autorisée à agir pour sauver la monnaie qu’elle est censée gérer, à quoi sert-elle ?
- 3. Une réforme budgétaire : les augmentations du budget européen doivent être consacrées en priorité à promouvoir les technologies innovantes, à financer des investissements sociaux, d’infrastructure et de développement durable ; le budget doit être géré en lien, et en utilisant les capacités de la Banque européenne d’investissement (BEI).

- 4. Une réforme des recettes  : les ressources propres de l’UE doivent être renforcées par des taxes sur l’énergie ; les Etats membres devraient se voir accorder plus de marge de manoeuvre pour réduire la TVA afin de stimuler la consommation intérieure et supprimer les fiscalités régressives.

- 5. Une taxe sur les transactions financières qui soutienne les incitations à l’emploi pour les PME dans l’industrie et les services, qui encourage la recherche et le développement et qui finance des biens communs mondiaux, telles la lutte contre le changement climatique et l’aide au développement.

- 6. Des investissements européens soutenus par des project bonds émis par l’Union et garantis par la BCE, se concentrant sur la réalisation de l’immense potentiel de la nouvelle économie verte.

- 7. Une base plus juste pour le commerce international : les négociateurs de l’UE doivent obtenir un nouveau mandat pour lutter contre le dumping social et environnemental ; des taxes doivent être prélevées sur les importations de pays tiers qui ne respectent pas les normes environnementales européennes.

- 8. Un soutien plus fort à nos pays voisins, pour s’attaquer à l’inégalité inacceptable et insoutenable entre l’UE et ses voisins de l’Est et du Sud.

- 9. Une présence plus ferme et unie sur la scène internationale, mettant à profit notre pouvoir collectif politique et économique pour promouvoir nos valeurs et nos intérêts au-delà de nos frontières, et en prenant notre part à la résolution du conflit du Moyen-Orient.

- 10. Le renforcement de la démocratie européenne  ; quelles que soient les nouvelles règles de gouvernance économique mises en place, la responsabilité parlementaire doit primer ; les Etats membres doivent respecter le traité de l’Union en nommant le président de la Commission selon les résultats des élections européennes.

Les commissaires doivent être responsables devant le Parlement, qui non seulement devrait les confirmer à leur poste, mais aurait aussi le pouvoir de les révoquer ; une action européenne pour renforcer la liberté de la presse doit être engagée, à commencer par le démantèlement des monopoles médiatiques et la limitation de la propriété de médias par des ressortissants d’Etats tiers.


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