Le
chantier reste ouvert
La réforme de l'autorité parentale mise en
chantier en 2001 a été votée , puis
promulguée en mars 2002; cette réforme fait cependant
l'économie de la réforme du volet judiciaire que de nombreux
citoyens appelaient de leurs vœux; de plus, du fait de la
fin de la législature actuelle, la réforme du divorce est
restée en plan, et Mme
Lebranchu, ministre de la justice, qui avait écrit dans
Le Monde, en septembre 2001, "Osons ouvrir le
chantier de la justice" a bien vite refermé ce chantier
dont l'inspiration semble s'être dissoute
dans les entretiens de Vendôme et les méandres de la cohabitation.
Le chantier reste donc ouvert et si les actions
de Madame Ségolène Royale et de la représentation nationale
ont apporté des résultats encourageants, il n'en reste pas
moins que la proposition de 1994, (Il
faut ouvrir le chantier de la justice familiale), reste
d'actualité. Le chantier est toujours ouvert et le Manifeste
pour une justice familiale Non Violente vient relancer
cette proposition.
Il se pourrait en effet que la nouvelle loi
qui laisse intacte la "liberté de nuire" légalisée
dans les consciences depuis les années 1970, produise des
effets contraires à la pacification des relations parentales
qui est attendue; qu'une radicalisation des conduites
judiciaires violentes se produise, tant de la part des magistrats
et autres professionnels que des justiciables.
On se dirigerait alors, pour le moins, vers une justice à
deux vitesses. La loi de 2002, n'aurait alors d'autre vertu
que d'enfoncer des portes ouvertes ... un peu comme la loi
de 1970 qui instituait l'égalité parentale dans le droit,
seulement dans les situations de bonne entente, lorsque nul
n'est tenté de recourir au droit. Elle serait alors la cause
d'une nouvelle montée de violences.
Néanmoins, l'entrée dans le code civil de
la résidence alternée et la confirmation donnée à la médiation
sont de nature à faire évoluer les consciences; ces nouveautés
constituent un espoir supplémentaire de voir les rapports
parentaux passer du régime de la loi prétorienne du "juridiquement
plus fort" dont la "liberté de nuire" fut l'œuvre
la plus éclatante, à celui de la médiation qui appelle
à rester maître des violences individuelles et institutionnelles.
Affaire à suivre, donc ...
Celles et ceux qui souhaiteraient participer
activement à la suite des évènements, peuvent participer à
l'élaboration d'un collectif sur ces questions. C'est
ici