Égaux devant la violence et devant le conflit, les pères et les mères ne le sont plus devant le droit.
L'inégalité se situe moins devant la loi que devant son application,
le droit; les lois de 1987 et 1993 ayant presque rétabli une égalité mise à mal
dans le développement de l'union libre; il reste cependant dans la loi quelques bombes génératrices de conflits qui ouvrent la porte en
grand à une application inégale: c'est le cas de la notion de résidence habituelle de l'enfant, source d'injustices et occasion de désignation
implicite de coupables.
L'exemple récent de discrimination dont la loi d'amnistie présidentielle est porteuse, est significatif de cette
forme de culpabilité originelle dont le père est chargé.
Exclus du pardon national, sans exception, les «abandons de famille» (non
paiement de la pension alimentaire) seraient à ranger selon les propos du garde des sceaux dans «les agissements d'une particulière
gravité qui portent atteinte aux valeurs fondamentales de la société».
A suivre ce ministre à la lettre (l'amnistie inclut le délit de «non présentation d'enfant»), la relation père - enfant
serait donc exclue de ces valeurs fondamentales de la société !!!
Solution pour une justice expéditive,
le sacrifice du père
Un hiatus s'installe rapidement entre l'attente de justice des pères et celle qui s'impose à eux et rend manifeste les capacités
étroites de la justice judiciaire à répondre à leurs aspirations légitimes.
Leur espérance de justice sombre corps et bien dans le triangle des Bermudes judiciaires «Affrontement - Culpabilisation - Soumission», qui
ne tarde guère à devenir un «Goulag» pour familles désunies;
Il suffit d'avoir observé une fois la moue dubitative, voire arrogante, d'un(e) juge impatient(e) auquel répond la connivence de propos d'avocats déférents
ou suppliants pour saisir que l'audience ordinaire est le lieu des faux
semblants.
Les heurts qui s'y opèrent sont des heurts de stéréotypes qui sauvent les apparences du «contradictoire» mais sont aux antipodes de la vérité du conflit.
Avec le recours aux experts, l'artillerie est appelée pour habiller un parti pris,
inmontrable, en prise de partie montrable.
C'est le propre d'une justice imposée que de s'imposer ... et tant pis pour les droits de l'homme si le psycho juridisme moderne invente le délit de faciès psychologique et construit un droit qui va de
travers; et tant pis pour les calomnies que ne peut arrêter un système aveugle aux fausses allégations; et tant pis pour la raison, si les
questions d'argent, faute de transparence et d'explications, sont expulsées dans la déraison.
Bien peu de pères poussés ainsi à la démission se font à la raison que la justice est d'abord une lutte pour la justice, et si trop peu d'entre
eux crient leur innocence dans le procès qui leur est fait, c'est que cette innocence n'est pas évidente à distinguer et à exprimer dans la
conjugaison, génératrice de culpabilité, du conflit vécu et de l'oppression judiciaire.
Conscients que la situation des pères et des enfants nécessite une prise de parole claire, nous parlons, au MCP, de violences judiciaires; la
première étant la «judiciarisation» du conflit parental qui est une généralisation et un détournement
de ce conflit.
Eloignant le conflit de son objet, la place des parents, pour faire de l'enfant le seul enjeu, la «judiciarisation» est la ruse même de la violence qui élimine les deux parents
en les expulsant de leurs responsabilités; ruse du paternalisme de la culture judiciaire à laquelle, les mères sont aveugles et qui les conduit
souvent à mettre imprudemment en mouvement la spirale judiciaire.
Dans son livre «L'enfant face à la séparation des parents», qui traite
de la question de la résidence alternée, Gérard Neyrand relève que dans une proportion de 90% de l'échantillon de parents interrogés, la
justice judiciaire est critiquée et qu'elle l'est tant du fait des mères que des pères.