Avant 1975, la loi sur le divorce contraignait
le juge à déterminer une culpabilité et à désigner le parent
porteur de la faute.
Partagés à peu près à égalité dans la faute, les pères et les
mères, se voyaient alors attribuer la garde des enfants dans
des proportions du même ordre.
20 ans plus tard, les conditions de la séparation ont radicalement
changé.
En 1995, en France, deux divorces sont demandés
pour 3 mariages célébrés (à Paris, le nombre de demandes de
divorce excède celui des mariages); un tiers environ utilise
la procédure du consentement mutuel; les deux autres tiers sont
des divorces conflictuels, déclarés ou non; dans 85% des cas,
le divorce est demandé par les mères et dans les mêmes proportions,
les enfants résident chez leur mère; interrogées, 60% se disent
insatisfaites de cette inégalité même si elles paraissent, à
première vue, en être les bénéficiaires.
Conséquence visible aujourd'hui de cette forme
de désunion des familles, on constate qu'après 4 à 5 années
de séparation, la relation des enfants avec leur père se distant
ou se perd pour la moitié d'entre eux. Dispersées la plupart
du temps, les familles paternelles sont en proie aux difficultés
liées à tous les conditionnements culturels hostiles aux pères
et à la persistance du conflit parental.