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Familles
Paternelles
Il faut ouvrir le chantier de la justice familiale
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FMCP
Fédération des mouvements de la Condition
Paternelle
9 rue Jacques Hillairet
75012 PARIS
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Les réflexions que nous menons, au Mouvement de la Condition
Paternelle, nous ont conduit à dire, à l'occasion de l'année
internationale de la famille qui vient de se terminer,
l'existence et la volonté de vivre des familles paternelles.
Nous l'avons fait au moyen d'une campagne d'envoi de cartes
postales auprès de personnalités politiques, et nous avons
ponctué la fin de l'année par une pétition adressée au
ministre de la justice et au Président de la république
où nous disons en substance la nécessité d'ouvrir le chantier
de la justice familiale: c'est de notre point de vue,
la condition de survie des familles paternelles.
Dans les situations de division des
familles qui se multiplient depuis quelques années, c'est
le lien père - enfant, le plus fragile, qui souffre et
va se rompre dans nombre de cas. Tout laisse à penser
que ce lien se brise sous la poussée des conditions qui
sont faites aux pères et aux enfants, du moins lorsque,
du fait de situations conflictuelles, les séparations
des familles sont tranchées par voie judiciaire et autoritaire.
Alors, si nous ne voulons pas laisser en héritage à nos
enfants, la colère, les rancunes et parfois les abandons
auxquels conduisent ces conflits et leur traitement par
le système judiciaire, alors il faut que soit renoncé
au sacrifice du lien paternel comme solution simple et
économique au problème de la résolution du conflit parental.
Le principe du chantier que nous appelons de nos voeux
se situe aux fondements du lien républicain: ce qui est
en jeu dans l'existence des familles paternelles, c'est,
en effet, l'autorité du père et de l'enfant, donc ce qui
a trait à la capacité d'être ou de devenir auteur de soi
même ... et de l'autre.
Vu autrement, c'est un enjeu de liberté. Les enfants et
les pères se faisant dans le lien paternel et filial,
il faut que liberté en soit laissée aux uns et aux autres.
Ce chantier touche donc véritablement aux libertés individuelles
et les dépasse même puisqu'il s'agit de survie et de vie
plus simplement.
Voila pourquoi nous disons qu'il nous parait préférable
d'ouvrir, avec les citoyens, ce chantier dont nous abordons
ici 3 aspects, législatif, judiciaire et économique.
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La
loi doit reconnaître les familles paternelles
Nous disons que la loi doit donner aux
familles paternelles toutes les garanties d'être respectées
en toutes circonstances et en particulier dans les situations
le conflit parental; ceci implique des modifications profondes
de la législation traitant de la filiation, de la famille,
mais aussi de l'organisation de la justice familiale et
des prérogatives du juge aux affaires familiales.
L'évolution des lois depuis quelques années a fait de
la coresponsabilité des parents et de son maintien dans
la séparation des familles, la règle des rapports parentaux;
ceci va dans le sens souhaité de la coexistence, dans
la séparation, des familles paternelles et maternelles.
Toutefois cette règle ne doit pas supporter d'exception:
il reste donc à retirer des articles 374 et 372 du code
civil tout ce qui fait encore d'un père, engagé dans une
relation vécue sur le mode du concubinage, un parent mineur
dans la vie de ses enfants; la loi commune ne doit plus
être utilisée à justifier les violences faites aux pères
et aux enfants, sous le camouflage de l'intérêt de l'enfant
ou du droit de la mère.
Dans la division des familles, les liens filiaux n'étant
plus garantis par l'amour parental, il est donc nécessaire
que cette garantie soit apportée par la loi dont c'est
la fonction première. Pratiquement, le législateur doit
inscrire, explicitement et complètement, le respect des
deux liens parentaux dans la loi en donnant un statut
à l'enfant de la séparation et à ses deux familles. Ce
statut doit inspirer chacun des parents au respect des
attachements de l'enfant, et les institutions, au respect
de la primauté du rôle des deux parents.
Cette révision de la loi sera l'occasion pour le législateur
d'harmoniser le code civil avec la convention internationale
des Droits de l'enfant que la France a ratifiée; en particulier
il sera tiré toutes les conséquences de l'article 18 qui
dit le devoir des états d'assurer au mieux le "principe
selon lequel les deux parents ont une responsabilité commune
pour ce qui est d'élever l'enfant et d'assurer son développement
et précise plus loin que cette responsabilité incombe
au premier chef aux parents".
Nous ajoutons ici que l'application de ce principe ne
doit pas présenter d'exception, et que les états signataires
ont le devoir d'en garantir la mise en application en
toutes circonstances y compris dans les situations de
conflit parental, ce qui implique, en particulier, que
la loi reconnaisse la médiation familiale qui se développe
actuellement comme moyen légal et normal de résolution
de ces conflits.
Cette remarque sur les situations de conflit et sur la
médiation familiale nous conduit à aborder l'aspect judiciaire
du chantier que nous résumons en disant: les familles
paternelles veulent une justice agissant dans l'intérêt
des familles.
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Le droit à exister des familles paternelles repose sur
l'existence d'une justice agissant dans l' intérêt
des familles
Le nombre élevé de familles divisées,
la faible proportion d'enfants vivant dans la maison de
leur père, le nombre important de ruptures du lien père
- enfant qui signe la persistance du conflit parental
(qui des deux craque le premier, l'enfant? le père?),
l'expérience douloureuse des pratiques judiciaires que
font de nombreux pères, le profond sentiment d'injustice
qu'ils en retirent: tout ceci oblige à une mise en question
et à une critique des méthodes de l'institution judiciaire
dans leur application aux conflits parentaux, méthodes
qui sont au coeur de la problématique des familles paternelles.
Si l'on peut regretter que la loi fasse silence sur les
familles paternelles, il n'en reste pas moins cependant
qu'elle ne dit nulle part que la solution aux conflits
parentaux réside dans le sacrifice du lien père - enfant.
C'est donc dans la manière dont les juges appréhendent
les conflits parentaux et dans ce qu'ils en comprennent,
c'est dans les convictions qu'ils acquièrent avec les
moyens qu'ils se donnent, c'est dans leurs interprétations
des lois et dans les cadres de vie qu'ils mettent en place,
c'est enfin dans leur compréhension de leur propre mission
qu'il faut chercher la source de la mise à l'écart ou
de l'expulsion des pères de la famille et de la persistance
des conflits parentaux.
Dans leur livre "l'enfant a droit à son père"
Guy de Vogüe et Emile Ricard mettent en cause l'inconscient
collectif des juges; chacun peut constater à la lecture
de jugements ou d'arrêts singuliers, rapportés ici et
là dans les médias, le "divorce" qui peut s'instaurer
parfois entre la morale judiciaire que mettent en lumière
de telles décisions, et la moralité ordinaire, partagée
au quotidien par la plupart des hommes et des femmes de
ce siècle; divorce qui traduit combien l'institution judiciaire
peut facilement se couper des réalités et lui préférer
un purisme juridique et judiciaire poussé à des extrêmes.
Aussi, lorsqu'un juge va ordonner à un père désireux d'assumer
sa paternité qu'il devrait quasiment ou tout à fait y
renoncer, ce juge crée ipso facto les conditions de sa
propre mise en accusation et celles du procès de l'institution
judiciaire qui le légitime; remarquons aussi que celle
ci ne peut fonctionner ainsi qu'avec la complicité inconsciente
et impuissante des pères; nous voulons parler ici de ce
genre de complicité unissant paradoxalement le bourreau
à sa victime, qui se fait à elle - même violence pour
exorciser la violence reçue ou crainte.
Il est vraisemblable que le chantier que nous voulons
ouvrir ne pourra faire l'économie du procès des méthodes
judiciaires actuelles qui, prétendant servir l'intérêt
de l'enfant, atomisent les familles puis légitiment et
pérennisent la loi du plus fort comme règle de vie des
familles divisées; mais tel n'est pas notre propos ici
où nous nous limitons à préciser les principes essentiels
sur lesquels nous souhaitons voir reconstruites les bases
d'un véritable service de justice appliquée aux familles.
Le
principe de non violence familiale
Les familles étant alors reconnues dans
la loi, leur destruction doit donc être posée comme un
interdit absolu aussi fort que peuvent l'être d'autres
interdits civilisateurs tels celui d'attenter à la vie
d'autrui ou celui de l'inceste. Cet interdit aura des
conséquences pratiques majeures:
- Une culpabilité sera attachée à son irrespect,
- Le pouvoir des juges de la famille s'appliquera à mettre
en évidence cette culpabilité et résoudre ainsi effectivement
le conflit parental dont les formes sont multiples mais
qui, lorsqu'il subsiste, consiste toujours dans ce qu'un
parent dispute à l'autre sa place, au point parfois de
la réduire à néant.
- La dissolution d'un mariage ou la fin d'une union libre
ne signifieront plus le décès de l'une ou l'autre des
familles mais la fin de leur alliance qui pourrait être
constatée par un acte administratif simple, par exemple
devant les maires ... Ce qui instituerait un démariage
et alignerait les modalités de rupture d'un mariage sur
celles de l'union libre; le service de justice ne s'égarerait
plus dans des taches administratives dont il n'a pas la
vocation.
Le principe de justice familiale
Il doit être institué un niveau de traitement
du conflit familial qui respecte le principe de non violence
et le fond de l'article 18 de la convention internationale
des Droits de l'enfant qui fait des parents, sans condition
restrictive, les véritables protecteurs de l'enfant. Ce
premier niveau peut être assimilé aux médiations familiales
qui se développent ici et là, actuellement et se fondent
sur la culture de la volonté parentale en situation de
conflit. Différence essentielle cependant par rapport
aux pratiques actuelles de la médiation parentale, celle
ci devient une obligation légale à laquelle nul ne peut
se soustraire sauf à en supporter les conséquences.
Le second niveau de traitement du conflit, fait appel
à l'arbitrage d'un juge de la famille assisté d'un conseil,
dont les membres sont récusables, et dont les décisions
collégiales sont prises dans l'intérêt des deux familles;
dépositaire d'un pouvoir de contrainte et de sanction
adaptées aux situations familiales, sa compétence ne se
confond pas avec celle du juge des enfants.
Cette organisation permet la séparation entre les fonctions
de médiateur, celui qui organise le débat parental, et
les fonctions de juge, celui qui dispose du pouvoir de
réparation et des moyens de la contrainte, séparation
indispensable aux élaborations nécessaires à une justice
familiale de qualité.
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Pour
des relations économiques équitables entre familles
Dernier volet du chantier, les questions
économiques qui apparaissent sur les terrains judiciaire
et social et prennent, dans le contexte actuel où monte
l'exigence de justice, une importance grandissante: l'appauvrissement
des familles consécutif aux séparations, les situations
de chômage qui s'y ajoutent, font que la division des
familles est source d'injustices et devient trop souvent,
pour les pères, l'antichambre de l'exclusion sociale.
Nous estimons donc que la mise sur pied d'égalité des
familles unies et des familles divisées doit être un objectif
social: la dispersion des familles paternelles ne doit
pas être le prétexte à l'interruption de leurs droits
aux prestations familiales. L'acceptation de notre vérité,
qui consiste à dire que la division de la famille originelle
est une transformation de la famille et non sa fin, devrait
aider l'institution à comprendre cet indispensable rappel
à la justice sociale qu'elle est tenue de mettre en oeuvre.
La prise en compte de cette réalité par l'institution
judiciaire lui permettrait aussi la nécessaire avancée
en matière de justice économique: la manière dont ces
questions sont effectivement traitées constituant, de
notre point de vue, un risque sérieux de naufrage des
liens père - enfant.
Mais surtout, nous dénonçons la culpabilisation des pères
dans laquelle les pratiques judiciaires de la notion de
pension fourvoient systématiquement les conflits parentaux
et peuvent empoisonner les relations pères - enfants,
culpabilisation où sombrent de plus toute rationalité
et tout espoir de résolution du conflit parental.
Sur ce point nous proposons de mettre à l'étude la mise
en place d'un Fond de subsistance de l'enfant, modifiant
substantiellement les pratiques de l'obligation alimentaire;
nous voyons dans cette proposition une réponse aux exigences
d'égalité que nous portons, une perspective de vie pour
les familles paternelles et un progrès pour l'enfant:
du débat que la création de ce fond ouvre sur la notion
et sur le niveau de budget de subsistance, de nouveaux
droits et protections de l'enfant peuvent naître.
Ouvrons le chantier de la justice familiale
L'année de la famille s'est terminée
dans un quasi silence médiatique auquel ont succédé, en
début d'année, les rumeurs et fureurs du procès de Furiani.
L'expulsion des victimes a montré les limites du droit
et du procès judiciaire à gérer les réparations - il y
a des dommages irréparables - et les enjeux de violence
qu'il écarte ou reproduit.
La famille est la nature de la vie; elle est le lieu où
les pulsions s'apprivoisent et la conscience morale et
civique prend forme; c'est le jardin de la démocratie.
C'est donc d'une réelle autorité morale que doit témoigner
le service de la justice que nous espérons.
Nous invitons* les hommes et les femmes de coeur, parents
ou professionnels sensibles à nos points de vue, à nous
rejoindre sur ce chantier.
Robin
la Liberté-Egalité
Robin la Liberté-Egalité est un pseudonyme
nommant le collectif des membres du conseil de la FMCP
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