2017 - Babord Toute
Fête de la victoire à la Bastille

L’alternance républicaine est en marche

François Hollande élu 7ème Président de la 5ième République
lundi 7 mai 2012 par Antoine SEREINE

Le visiteur de l’après midi, place de la Bastille, était le spectateur d’un ballet de semi-remorques, élévateurs, camions radio et télévision, où dansaient et tourbillonnaient hommes et femmes en gilet fluos ; cette agitation pouvait alimenter raisonnablement la perspective d’une bonne nouvelle en soirée, après les 20 heures fatidiques. Une présence policière, abondante dans un premier temps et qui se retira par la suite aux abords pour se faire plus discrète, ajoutait à l’ambiance électrique de l’imminence des évènements fondateurs. Ce ballet d’hommes, de policiers et de machines, pouvait conforter un optimisme incertain d’autant plus que progressait dans le même temps le nombre de promeneurs et de visiteurs, qui, occupant la place de la Bastille, ajoutait à la fébrilité ambiante. L’été serait bientôt là, et avec lui reviendrait le temps des cerises.

Tous ces préparatifs paraissaient bien démesurés pour anticiper une simple « fête de la défaite ».

Et n’être, en quelque sorte qu’un lot de consolation, une soupape de sureté, qui soulagerait de la fin de l’effort soutenu de la campagne et le récompenserait.

Alors, l’idée se soutenait peu à peu que la victoire était proche. On savait quelque part, ce qui ne se savait pas encore là ; on le pressentait si fort que l’on considérait la chose faite.

Mais dans le même temps la prudence et le refus de l’ivresse imposait la présence ténue mais constante de l’hypothèse contraire.

Et si le rêve allait s’écrouler ... Et s’il allait falloir endurer encore le président sans-gêne cinq années de plus ... Comment durer ?

Et pendant que le doute faisait son travail de sape, même retenu, l’occupation de la place de la Bastille se poursuivait et les dispositifs de sonorisation, des écrans géants de visualisation apparaissaient en périphérie de la place, coté boulevard Richard Lenoir. Une scène aussi avec ses pilones de sonorisation, et des portiques de caméra, ici et là.

Un peu avant 19 heures, les plus agiles, les plus musclés et les plus sportifs dans la foule partirent à l’assaut du socle de la colonne de juillet qui supporte le génie de la Liberté, pour investir ses plates formes.

Une poussée amicale des personnes restées au sol, traction des bras, jambe lancée qui hésite et trouve son appui, élan, coup de rein et rétablissement parfois acrobatique, et voilà que les pionniers occupent la première plate forme. Ils agitent leurs drapeaux en signe de victoire, puis se penchent pour aider la marée montante des escaladeurs à atteindre les plate formes d’où l’on jouit d’une vue sur la place de la Bastille et d’une visibilité panoramique sans égale depuis le sol.

Pas de France forte à l’horizon, pas de foule BBR uniforme organisée en rang d’ognons à la mode de la Corée du Nord, comme au Trocadéro

Mais une population variée, des drapeaux multicolores, verts, jaunes, rouges, gris, et le tricolore du parti des français, ceux de pays en révolution, celui de l’Europe. Les mouvements des drapeaux agitent l’air et se mêlent aux saveurs festives des manifestations qui s’élèvent à la périphérie de la place de la Bastille, celles des fumées et des feux, des braises et des merguez qui dorent.

Au sol, partout, des occupants installent sur le pavé, apéritifs, brunchs ou champagne en prévision d’un élément heureux à célébrer ou de fringales immédiates. Quand les premiers essais de visualisation et de synchro débutent sur les écrans géants, la place de la Bastille est pleine. Les regards se tournent et s’orientent dans la direction des écrans géants.

L’heure s’approche où la vérité sera dite, où les peurs seront dissipées, où exploseront sans retenue les émotions.

Ce sera de la joie pure et des larmes de bonheur, à moins que ....

20 heures, sur les écrans géants s’affiche le visage du président élu : c’est celui de François Hollande

Les applaudissements éclatent de partout sur la place de la Bastille, accompagnés de vivas et de hourras, de signes de main et des gestes de victoire ; nous sommes déjà dans l’après.

Les sourires sont sur tous les visages. Sur les plates formes de la colonne de Juillet s’allume le rouge des feux et des torches, et leurs fumées se répandent et planent sur la place. Chacun peut respirer un instant de lumière singulier, qui, dans le même temps, se cristallise dans les mémoires en souvenir vivant et immuable.

L’actualité commande, car déjà, sur les écrans géants apparaissent des visages marqués par l’annonce, réjouis ou amers, c’est selon, et s’entendent des commentaires admiratifs ou consternés. Les uns sont plesbiscités par la foule présente et les autre sont hués.

Puis c’est au tour du président « sorti » de ré-apparaitre sur les écrans pour faire une déclaration solennnelle aux français. L’homme est marqué, mais le voilà de nouveau dans l’action où il se plait ; et il y joue son rôle nouveau de vaincu, celui qui se donne l’apparence de la soumission à plus fort et plus grand que lui, alors, il ruse encore.

Le voila devenu magnanime et humble par la grâce de la défaite, mais il s’éternise sur sa dernière scène et quelques mouvements d’impatience se lisent déjà dans la foule.

Alors pour prolonger encore ce dernier temps, voilà que le président
« sortant sorti » pique à nouveau dans le registre de Hollande. Il lui a déjà pris des éléments de son programme, la croissance en particulier quand l’austérité ne faisait pas vraiment pas recette, et même son slogan, « C’est maintenant » que Guaino a mis en bonne place dans son dernier discours de campagne.

Maintenant c’est de son secret dont il s’empare. Rappelez vous, c’était lors du meeting du Bourget, lorsque François Hollande s’était découvert en , déclarant : « J’ai un secret. Il y en a qui aiment l’argent, et bien moi, j’aime les gens »

Et c’est sur un « Je vous aime » adressé aux caméras et aux présents à la mutualité, mais aussi à François Hollande pour lui faire la nique, que sortit de scène, théâtralement, le président sortant.

Et là, nous n’étions plus dans l’après, mais dans l’à venir, déjà dans les prémisses de l’alternance républicaine, attendue depuis si longtemps, et dont nous étions les premiers témoins des liesses de la venue au monde. Les affres viendraient plus tard

Plus tard aussi, le jeune Président Hollande viendrait, d’un coup d’aile, se joindre à la Fête de la Bastille après avoir exprimé sa reconnaissance aux électeurs de Tulle qui l’avaient si bien élu. J’aurais alors quitté la place de la Bastille qui continuait à se remplir au rythme des métros emplis d’une jeunesse exhubérante venue fêter la victoire.

Enfin les ennuis allaient commencer !

Comme l’avait dit Léon Blum, car il allait falloir préparer d’abord les nouvelles batailles électorale, celles du troisième tour - il y en aurait 577 - pour constituer une majorité présidentielle capable de permettre la mise en musique, dans la loi, des changements attendus, et, dans le coeur des français, celle de l’alternance républicaine espérée.

Le récit de cette fête met un terme au carnet de campagne ouvert sous le nom « 2012 Babord Toute » dans l’intention de témoigner de la bataille présidentielle, bataille majeure pour l’alternance républicaine souhaitée par tant et tant de français.

Ce carnet sera archivé et accessible via la rubrique du même nom, abritée dans le « bloc note d’Antoine Sereine », où continueront à être relatés les éléments importants de l’alternance républicaine susceptibles d’ouvrir l’espoir, d’alimenter une dynamisme renaissant, et de mettre à mal encore la croisade néo-libérale qui sévira probablement encore longtemps en france, en Europe et dans le monde, pour le malheur des peuples.


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