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Entrée en campagne du candidat-président

Tout sera dorénavant comme auparavant ... et peut être même pire - l

Les non-dits du « candidat pas comme les autres »
samedi 25 février 2012 par Paul FAICHE

Homme politique, le candidat-président Sarkozy est avocat de métier, donc « menteur », par profession et par serment. Lors de la campagne 2007, le candidat a montré ses qualités de bonimenteur politique, et ses aptitudes à faire prendre aux français les vessies pour des lanternes. Ils ont cru au mirage et ils l’ont élu. Un quinquennat plus tard, il ne fait aucun doute aux yeux d’une majorité de français, que le bonimenteur-président a excellé principalement dans les jeux du pouvoir et dans celui du lancer de poudre aux yeux ; et il ne fait aucun doute non plus qu’il s’est montré défaillant dans à peu près tous les domaines, y compris dans celui des devoirs que la République lui assignait personnellement et impérativement, de faire honneur à la fonction présidentielle.

Résolu à faire en 2012 comme en 2007, le candidat-président a re-vêtu les habits du bonimenteur et de l’arnaqueur, pendant que « l’encore président » se sert de l’élection présidentielle pour lancer ses troupes et ses forces dans une nouvelle croisade, pour encourager son clan à poursuivre les pillages et les destructions de la première croisade - 2007-2012- celle dite de la « rupture », dont les ravages touchent une majorité des français, « rupture » d’une violence inouïe, qui lui vaudra dans la mémoire l’image d’un liquidateur du modèle social français.

Il faut absolument au candidat-président introduire de la confusion dans la bataille électorale.

Il lui faut taire et cacher, autant que possible, son bilan catastrophique et maintenir le flou sur ses intentions réelles. Il lui faut aussi dissimuler au mieux le méchant docteur Hyde qui se manifeste si souvent dans l’âme présidentielle, pour se mettre en lumière sous les traits d’un bon Mr Jekyll, improbable construction de ses communicants.

Mais, l’homme se trompe d’élection.

Alors que les français sont appelés à élire un « Président de la République », le candidat-président aspire, lui, à une vague présidence de la France dans laquelle il s’auto-plesbiscite « candidat du peuple » et appelle à un couronnement.

Mais quel est donc le peuple qui l’aurait nommé ainsi ? le peuple des riches ? du Fouquet, le peuple de la cour ? celui de ses communicants ?

La galéjade du discours marseillais

Blanchir le président-sortant, lui refaire une virginité, et baptiser le candidat-président des eaux de la France, de l’amour et de la force, voila l’objectif assigné au discours et au meeting de Marseille.

La machination, mise sur pied par ses communicants, veut faire sombrer le bilan dans l’oubli, corps et âme, et avec lui, réalité, vérité, honnêteté .... Autrement dit la machination a pour but de transmuter le plomb en or.

Le pitch du discours marseillais tient en quelques mots ; un résumé un peu plus développé est accessible ici.

« Moi, Sarkozy, je suis amour, tout amour pour la France, c’est moi et mes réformes qui l’ont rendue forte, la France, MaFranceForte. C’est moi qui suis son protecteur ; j’suis pas comme Hollande qui ment tout le temps, ou comme les chômeurs qui sont des fainéants, ou comme les immigrés qui sont des délinquants et veulent prendre le travail aux français, ou encore comme les corps intermédiaires qui font qu’à m’embêter. Aimez moi ! ».

On veut nous montrer dans ce discours un candidat-président béni des dieux de l’Olympe, et à nouveau touché par la grâce.

Cependant l’encensoir s’arrête là où commencent les fâcheuses manies du président-sortant de vouloir toujours paraître plus grand et plus digne d’amour, et de vouloir tout le temps se rehausser en montant sur les autres et en pataugeant dans la dénonciation de turpitudes imaginaires.

C’est qu’il a beaucoup à cacher le candidat-président et président-sortant.
Beaucoup à cacher derrière le bonimenteur, derrière le bagout séducteur, derrière l’agitation et la gesticulation permanentes, et derrière l’apparence de pragmatisme que lui valent son omniprésence et ses allures de pilotage à vue.

Il s’agit pour le candidat-président de cacher le dogmatisme néo-libéral qui l’anime fondamentalement ; de masquer le catéchisme qui lui sert de guide et de certitudes, de dissimuler les destructions auxquelles ses réformes-ruptures aboutissent dans les domaines de l’éducation, de la santé, des retraites ... qui affligent tout le modèle social français et celui de l’Europe où l’emploi ne se redresse pas, où le chômage s’enkyste, où les revenus reculent, bref où l’Europe et la France font fausse route.

En fait, toute cette agitation, ces dramatisations et cachotteries de campagne n’ont d’autre but que de faire croire aux français qu’il n’y a pas d’autre alternative à Sarkozy, que Sarkozy.

A Lille, sur la valeur travail, c’est la fête des vessies et des lanternes

La seconde étape du re-looking en cours était destinée à rhabiller le petit père protecteur du « peuple des riches ».

Elle se passe à Lille, sur le thème de la « valeur travail » et non sur celui du travail tout simplement, domaine qui serait très périlleux pour le président-sortant, au vu des résultats catastrophiques de son quinquennat, sur le travail et sur son corollaire, le chômage.

Il devrait alors assumer les 4 à 500 000 emplois industriels perdus pendant son quinquennat, les 900 usines fermées depuis 3 ans, le million de chômeurs supplémentaire. Et ce serait d’autant plus périlleux que le président-sortant est actuellement occupé à organiser l’austérité en Europe, et la récession, ce qui lui est déjà fort reproché.

Le discours prononcé par le candidat-président à Lille visait donc à lui dresser une statue de commandeur des croyants de la secte conservatrice des « valeurs éternelles », mais là, ce fut vraiment raté, à coté de la plaque.

C’est que parler de la « valeur travail », c’est un peu parler du « sexe des anges » lorsque tout brûle ; cela permet toutes les échappatoires, tous les conforts ; cela conduit à des discussions oiseuses, idéologiques, sans risques et piètrement moralisantes, déconnectées de la bataille de l’économique, qui se déroule au quotidien.

Ici encore, la crise et l’oubli vont servir de bouc émissaire bien opportun, pour tout effacer des erreurs, analyses et gestes politiques compris, du président sortant. Les fausses vérités et vrais mensonges y sont légion. Et là encore, les persiflages sans courage du président "culotté" sont de rigueur. Quelques exemples d’assertions trompeuses sont données et commentées en post scriptum.

Alors que la France du travail a besoin de pouvoir d’achat, Sarkozy nous dit au détour de son discours qu’elle réclame « morale et décence » ce qui a le don de faire bondir Phillipe Bilger, magistrat retraité à la langue bien pendue, qui sort de sa retraite et se re-fait avocat général pour l’occasion. Il réagit en signant L’incroyable culot du candidat-président, sur son blog.

« Quel culot, ai-je immédiatement pensé avec un mélange de stupéfaction presque admirative devant ce qu’il se permettait et le regret que la dignité du politique soit ainsi rabaissée ! Comment, même devant une salle inconditionnelle, invoquer de si belles exigences, une éthique exemplaire quand durant un quinquennat elles ont été foulées aux pieds ! Il n’est personne, pourtant, dans l’assemblée, qui a eu le courage de se lever et de crier : quelle honte !
Ainsi, tout est permis, tout peut être dit, l’amnésie est la meilleure tactique qui soit, la République tellement imparfaite n’interdit pas qu’à nouveau il brandisse l’illusion, pour sa sauvegarde, d’une République irréprochable ! ... Culot, bagout, toupet, désinvolture, absence totale du sens du ridicule, politique poussée jusqu’à la démagogie, audace le conduisant, dans la précipitation, à se fabriquer de bric et de broc une apparence insolite : il garde la veste de 2007 mais avec le pantalon de 2012. Et cela marche ! »

En résumé, ce discours, sur la morale du travail et non sur son économie, est un catalogue de fausses vérités, de vrais mensonges, semé parfois, ici et là, de bonnes intentions.

Une deuxième croisade pour achever les conquêtes et les destructions de la première

Pour percer l’imposture, débusquer l’imposteur derrière la statue du commandeur qui lui est dressée, allons voir comment l’Ump défend le bilan du candidat-président, alors que celui ci le tait sous des flots de paroles, et sous les couronnes de lauriers que lui tressent ses fans en transe.

Sur les dix grandes réformes retenues par l’Ump pour mettre en valeur le bilan du quinquennat, plusieurs sont vraiment minuscules tant il a du être difficile de repérer des grandes réformes dans l’agitation et le prurit législatif du quinquennat ; deux seulement sont relatives à la valeur travail. Ce sont les réformes des retraites et celle des heures supplémentaires.

Pas de chance, ces deux réformes ont été contre-productives en contribuant à augmenter le chômage qui a cru de 1 million de personnes pendant que le président-sortant s’activait ; pas de chance encore, le nombre des actifs stagnait dans le même temps.

Ainsi, ce qui est revendiqué comme victoires par l’Ump est perçu comme défaites par la majorité des français. C’est donc dire la valeur que le président-sortant et ses troupes accordent réellement au travail, tout juste bon à fournir matière à discours.

Revenons à la réalité.

Toute cette agitation électorale qui consiste à produire une nouvelle image présidentielle sur la base de nouvelles promesses et un déguisement en « France Forte » de la « vraie France », pour dénaturer son histoire et glorifier les réalisations de la Sarkozie, sont des machinations ; elles s’appellent propagande !

Propagande bien vaine à qui se veut attentif à distinguer le fond des choses, sous le bruit, l’abondance et la fascination des marques et apparences qui ne trompent que fans et idolatres sans abuser le peuple.

Car sous les apparences exubérantes et paradoxales des attitudes de campagne, se cache une cohérence, celle que forme le président-sortant et le candidat-président-nouveau, qui ne font qu’un.

Hors, aucune campagne au monde ne pourrait cacher :

- que le seul crédo du candidat-président est le crédo néo-libéral, c’est à dire le pillage du domaine public, l’asservissement du travail, la vassalisation aux puissants de ce monde, le sacrifice à l’argent.

- et que la seule fin du candidat-président est de jouir du pouvoir présidentiel 5 ans de plus.

Dire, comme on l’entendait au début de son quinquennat, que Sarkozy serait sarkoziste, n’était qu’un simple pléonasme.

Sarkozy ne se sépare jamais de son catéchisme néo-libéral ; toutes ses décisions en sont imprégnées, en France ou en Europe et au delà.

Ce Don Quichotte improvisé croit sauver l’Europe, alors qu’il ne prépare que sa chute, en écrasant la Grèce et en l’interdisant de référendum.

Il croit sauver l’europe de la finance alors qu’il lui rend hommage en alimentant paradoxalement la bulle financière, pour les plus grands plaisirs et profits des féodaux de la finance mondialisée.

Il laisse déjà dans la mémoire, l’image d’un Attila néo-libéral tendance libérale-féodale, dans sa version la plus virulente et cynique.

Si les français veulent que l’herbe repousse sous ses pas et que la France verdisse et resplendisse à nouveau, Il leur appartient de le déloger au plus vite et de tourner la page.

La réalité est un enjeu politique

Réalité dont bien des politiciens, cyniques ou corrupteurs, aimeraient s’emparer et manipuler, plutôt que de vivre et faire avec. Mais la réalité ne s’impose pas ex cathédra ; elle se vit, s’éprouve et s’invente.

Quels que soient les déguisements dont le candidat-président et ses communicants habilleront le présent et le futur, il se heurteront au mur du bilan et à celui de la réalité, et leurs dénis comme leurs efforts, pour la manipuler, resteront probablement vains ; ces manipulations n’auront d’autres effets que de faire monter tensions, violences, et mépris qui sont peut être les caractères les plus marquant du quinquennat finissant et du président sortant.

A propos de réalité, le poète, humoriste et journaliste Alphonse Allais disait : « A la réalité de celui qui donne un coup de pied au cul s’opposera toujours celle de celui qui le reçoit. » Voila une définition claire de la réalité qui ne souffrira d’aucun des détournements de la propagande sarkozienne.

C’est ainsi que le général De Gaulle, fut renvoyé à la réalité par ceux là même des français qu’il prenait pour des veaux et dont il attendait un nouveau plesbiscite.

La mésaventure pourrait se répéter, sans même attendre le premier des référendum promis par le président-sortant dont le bestiaire politique a changé ; les français ne sont plus pris pour des veaux, mais pour des pigeons et des moutons.

Vrais mensonges et fausses vérités émaillent le discours de Lille

- En engageant le combat que nous avons engagé pour la moralisation du capitalisme financier contre la spéculation, contre les bonus, contre les paradis fiscaux, nous n’avons rien fait d’autre que d’engager le combat pour la réhabilitation du travail. Paroles, paroles, c’est un combat comme la drôle de guerre en 1940 ; on s’observe et rien ne se passe.

- Aujourd’hui on nous explique qu’il faut se battre au G20 pour réguler la mondialisation et la finance. C’est ce que nous faisons depuis cinq ans. Fort heureusement je ne les ai pas attendus car si je les avais attendus on y serait encore, je veux dire au point de départ. Là, il ya répétition avec l’assertion précédente ; c’est peut être pour mieux enfoncer le clou ?

- Chaque fois qu’il a fallu trouver des ressources nouvelles pour combler les déficits que la crise avait creusés, nous avons choisi de taxer les revenus financiers plutôt que ceux du travail. En faisant cela, nous avons choisi de protéger le travail. C’est Sarkozy qui creusé les déficits, et la crise, à laquelle ses politiques ont participé, y a ajouté.

- En choisissant de reculer l’âge du départ à la retraite, nous avons choisi de combler le déficit des retraites par le travail parce que je refusais la baisse des pensions ou l’augmentation des cotisations. Il aurait mieux fait de combler le déficit par la valeur travail, c’est à dire, augmenter de quelques dizièmes de pourcent la part du travail dans le Pib, de sa rémunération. Ici Sarkozy confond valeur du travail et exploitation du travail. La valeur des uns, c’est l’exploitation des autres.

- En exonérant les heures supplémentaires pour sortir des 35 heures, nous avons choisi d’encourager le travail plutôt que de le décourager. Nous avons choisi d’augmenter le pouvoir d’achat des 9 millions de travailleurs qui ont bénéficié l’année dernière des heures supplémentaires. Et il a choisi par la même occasion d’augmenter le nombre de chômeurs et tenter, c’est raté, de se faire une réputation de "président du pouvoir d’achat" sur le dos des chômeurs.

- Et ceux qui accusent ces millions de travailleurs de prendre le travail des autres, ceux qui affirment qu’il y aurait moins de chômeurs s’il y avait moins d’heures supplémentaires, ceux-là montrent qu’ils n’ont toujours rien compris au rôle économique du travail, rien compris au fonctionnement des entreprises, rien compris aux aspirations des ouvriers et des salariés de l’économie française. Là, c’est toute l’incompétence et toutes les oeillères du candidat-président qui se dévoilent, dans ce qui s’entend comme "il n’y a pas d’alternative à mes choix". Le candidat-président mérite un zéro pointé, et le renvoi immédiat sans indemnités.

- Garder nos usines, protéger nos ouvriers est redevenu une priorité. C’est un peu tard, après 900 fermetures d’usines et 4 à 500 000 emplois industriels perdus lors des 5 années passées.

- Que serait-il resté de l’Europe si nous ne nous étions pas battus pour sauver l’euro et pour sauver l’Europe ? Mais ni l’euro, ni l’europe ne sont sauvés, à ce jour. Le traité en cours n’y fera rien. Et il y a de grandes probabilités pour que les remèdes et traités sarkoziens n’achèvent les malades, à moins qu’ils ne se révoltent.

- etc ... Il y en a 10 pages comme cela ....

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