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1er tour des législatives 2017

Les abstentionnistes confirment être le premier parti de France

mardi 13 juin 2017 par Antoine SEREINE

Avec 52,4% des inscrits réunis pour le premier tour des législatives, le parti des « Abstentionnistes-votes blancs-et nuls » est le premier parti de France, loin devant « La République en Marche » (LRM) et le Modem, qui, réunissent ensemble les votes de 13,4% des inscrits. Ce résultat dépasse d’une dizaine de points le précédent record de 2012 et s’inscrit dans la montée régulière notée depuis 1986. Ce résultat dépasse d’une dizaine de points le précédent record de 2012 et s’inscrit dans la montée régulière des abstentions, notée depuis 1986 ; il signe le résultat d’une règle électorale profondément injuste qui décime, en particulier, la gauche ne lui laissant que la stratégie de faire front commun.
Moins d’1 français sur 7 donc, et moins d’un tiers des suffrages exprimés, qui promettent pourtant à l’attelage LRM-MODEM de réunir de 400 à 450 sièges, à l’issue du second tour. Plus qu’il n’en faut pour assurer à LRM seul une majorité absolue de députés.

Vers une nouvelle assemblée, très élitiste, qui renforce la « fermeture sociale »

Une note du Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences-Po, réalisée par le chercheur Luc Rouban, s’est penchée sur le détail de leurs profils. Et confirme que la grande majorité des candidats, loin d’incarner un renouvellement socialement divers, est porteuse de « fermeture sociale » et caractérisée « par son appartenance majoritaire à une bourgeoisie moderniste, diplômée, libérale sur le plan culturel comme sur le plan économique ».
Voir article sur Basta.

Qui est affecté par la montée des abstentions, votes nuls et blancs ?

A l’exception du PS & apparentés, qui regagnent 900 000 voix, en provenance probable du vote utile revenu de la candidature Mélenchon-France Insoumise, tous les partis ont été affectés par l’exode des « Abstentionnistes-votes blancs-et nuls » qui a grossi , entre les deux élections, de 13,4 millions de voix pour atteindre le chiffre de 24 916 785 aux législatives.

- Le Front National est le premier affecté avec une perte de 4,7 millions de voix, par rapport à la présidentielle, soit de 61% de ces votes.

- Il est suivi par la France Insoumise avec une perte de près de 4 millions de voix, soit 55% de ces votes.

- Les Républicains suivent avec une perte de 3,6 millions de vote, soit 50,5% du score aux présidentielles.

- L’attelage République en Marche - Modem vient en dernier et voit ses pertes limitées à 2,6 millions de voix, soit 26% des voix à la présidentielle.

Le dégagisme a soufflé sur tous les bords

- Les écologistes ne devraient pas pouvoir constituer un groupe dans la prochaine assemblée ; leur groupe, constitué en 2012, avait déjà explosé pendant la législature précédente.

- Le FN est dans la même situation et ne devrait pas pouvoir constituer un groupe à l’assemblée, les prévisions étant de 10 sièges.

- La France insoumise et le PCF ont vu, outre l’exode des abstentionnistes, le retour au bercail des votes utiles, et raté cette élection ; ils peuvent espérer au plus une petite vingtaine de sièges et encore former un groupe ... s’ils s’entendent.

- Le PS pourrait se retrouver à l’issue du second tour avec 20 ou 30 députés, alors qu’en 2012, il réunissait, avec ses apparentés, 290 sièges, plus que la majorité nécessaire. C’est un Tsunami.

- La droite, Les Républicains, pourrait perdre la moitié de leurs sièges et en sauver de 80 à 110, pas assez pour constituer une opposition forte.

Et la gauche dans tout cela ?

Au gré des divisions et des apparentements présents dans la gauche, on peut voir apparaitre aux législatives, deux blocs d’égale importance :

- Un bloc FI, PCF, extrême gauche qui a réuni 3 288 000 voix aux législatives (soit 6,9% des inscrits) mais perdu 3 372 000 voix sur le score des présidentielles, ce qui est énorme et signe la défaite de la stratégie Mélenchon-FI du « chacun pour soi ».

- un bloc PS et apparentés (PRG, Ecologistes, divers G) qui a réuni 3 128 000 voix aux législatives (soit 6,6% des inscrits), et gagné 837 000 sur le score des présidentielles.

Réunis, ces deux blocs auraient représenté 13,5% des voix des inscrits et fait voix égale avec LRM. 
Mais la division actuelle est fondée sur l’histoire de ces partis et c’est le défi de la Gauche que d’y mettre fin sauf à se complaire dans le nigauche-nidroite macronien dont on ne sait aujourd’hui de quel monstre il accouchera.

Le « dégagement » des obstacles à ce rassemblement doit se poursuivre.


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