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Le rassemblement à reculons

Au Havre, Mélenchon ne cède à rien

jeudi 30 mars 2017 par Antoine SEREINE

Que disent les sondages, à un mois du premier tour des élections présidentielles, à propos de Mrs Hamon et Mélenchon ? 11,5% des voix pour le premier, 14% pour le second.
Alors la passion et les illusions politiques dépriment le premier et dopent le second qui, tel Perette et le pot au lait, se voit déjà dépasser Fillon, puis le suivant ... jusqu’à ce que sa cruche se casse en chemin et que s’écroulent ses chateaux en Espagne.
Ainsi la France de gauche pourrait elle, le 23 avril, se retrouver GrosJean comme devant, victime de la France insoumise..

On n’a jamais réussi à faire avancer un âne qui recule.

L’obstination politique ? Les Français y sont habitués avec la cinquième république ; c’est Sarkozy, lors de la réforme des retraites, - je ne reculerai pas -, c’est Valls lors de la discussion sur la loi travail - je ne reculerai pas -, ou même c’est Fillon, lors de cette campagne - je ne me démettrai pas.

Les insoumis ont choisi le même parti de ne pas reculer ; c’est bien connu, on n’a jamais réussi à faire avancer un âne qui recule.

Que disent les sondages

D’abord, ces chiffres ne se rapportent qu’à l’opinion des 1020 répondant sur un échantillon de 1500 contactés. Il existe une première incertitude sur ces chiffres créée par les 40% d’électeurs dont le vote n’est pas encore déterminé.

Ensuite, doit être pris en compte le taux d’erreur, lié à la statistique.
Celui ci est estimé à + ou - 2%, avec une confiance à 95%, du pourcentage de voix mesuré.

Cela signifie ceci : si l’on pratiquait 95 sondages sur des échantillons d’électeurs différents, les résultats montreraient une inversion du résultat actuel, et mettraient Hamon en tête, dans 16 sondages environ.

Un sondage n’est jamais une vérité, ni maintenant, ni dans un mois.

La gauche en décomposition/recomposition

Que se passe t’il à gauche de l’échiquier politique ?

- François Hollande a bien semé la confusion et le chaos au sein de la gauche, pendant son quinquennat, en trahissant ses engagements de campagne sur la finance, sur l’Europe et sur le social délaissé au profit du sociétal, et en mettant le cap politique sur sa droite en direction d’un social libéralisme de mauvais aloi. Assuré qu’il était de la défaite à venir, il a renoncé à une candidature à sa succession et ouvert en grand la boite à gifles.

- Manuel Valls l’a suivi sur le chemin libéral et autoritaire, prophétisant, de façon auto réalisatrice, une cassure entre gauches irréconciliables manifestée par la naissance d’une fronde au sein des députés de gauche.

- Benoit Hamon a apporté, lors des primaires citoyennes, la victoire à une gauche sociale et écologique, et a reçu l’onction de légitimité que lui ont délivré ses électeurs.

- Emmanuel Macron, auto-proclamé candidat, s’est propulsé hors du sol, où il orbite, hors du clivage droite gauche. C’est le candidat de la finance.

- Après sa démission du PS, Mélenchon a tenté de rassembler la gauche radicale au sein du Front de gauche et y a échoué ... et le voilà, à la tête de la France Insoumise, mouvement créé en 2016 pour promouvoir sa propre candidature, auto-proclamée comme celle de Macron, aux élections présidentielles. Cela ne s’est pas fait sans mal, comme en témoigne cette Lettre aux insoumis. L’élection présidentielle en fait les frais avec une compétition destructrice qui se poursuit, paradoxalement, au sein de la gauche.

- Nathalie Arthaud (1%) et Philippe Poutou (1%), désignés par leurs partis, ne concourent pas aux premières places ; ils occupent avec Mélenchon, le créneau de la gauche radicale mais ne le rejoignent pas pour autant. Au Cirque d’Hiver, Nathalie Arthaud a tapé sur “les accents nationalistes” de Jean-Luc Mélenchon ; Philippe Poutou explique que le protectionnisme de Mélenchon est une différence essentielle avec l’internationalisme dont il fait la promotion.

Voir en ligne : l’article du Monde

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