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Pour une mutation écologique et solidaire

Orientations du projet 2012 Europe Ecologie – Les Verts
samedi 2 juillet 2011

Le monde va mal, l’humanité aussi. Nous vivons depuis maintenant des décennies des crises profondes, liées entre elles et dont la portée s’aggrave : une crise économique marquée par un dérèglement des relations entre l’économie et la finance et une fuite en avant dans un productivisme sans limites, une crise sociale qui exclue des milliards d’êtres humains au sud comme au nord, une crise environnementale qui se traduit par l’épuisement des ressources naturelles, l’accélération du dérèglement climatique et une dégradation rapide de la biodiversité, une crise démocratique enfin, où se conjuguent la montée des populismes et de l’abstention, la mise en danger des libertés publiques et des droits humains et une concentration des pouvoirs politique et économique aux mains d’un petit nombre. Face à cette situation, nous devons d’urgence changer de modèle.

Face à ces crises, des initiatives positives existent au sein des sociétés, des associations, des acteurs et actrices engagé-es. Partout dans le monde, des populations s’engagent pour défendre leurs droits élémentaires à une vie meilleure et une mondialisation solidaire. Le « printemps arabe » a démontré aux Etats les aspirations des peuples à la démocratie, aux libertés, aux droits sociaux et à l’éthique de leurs dirigeants. L’écologie prend une place nouvelle dans ces grands changements. Les relations entre les aspirations au changement démocratiques et à la reconquête du pouvoir économique par les citoyens sont plus que jamais liées aux engagements en faveur d’une planète préservée pour le bien être de tous.

Il reste dans cette période de mutation intense à bâtir un cadre politique global qui permette à cet élan social de se structurer et de l’emporter par rapport au conservatisme manifesté par ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir. Nous avons besoin de politiques publiques efficaces en matière de lutte mondiale contre la pauvreté et d’accès de tous aux biens publics mondiaux. Le cynisme du green washing et des slogans autour d’une croissance que l’on dit maintenant « inclusive » ne doivent pas faire illusion. Europe Ecologie - Les Verts doit porter avec constance et détermination son projet de nouveau modèle économique, écologique et social pour oser des mutations nécessaires et désirables, et bousculer les intérêts acquis liés au modèle productiviste.

La démarche que nous avons adoptée pour construire le projet 2012 d’Europe Ecologie - Les Verts a deux objectifs : l’un, essentiel pour l’avenir de l’écologie politique, est de constituer notre premier corpus politique commun afin que cette vaste entreprise d’ouverture et de rassemblement qu’a été et que restera, nous le souhaitons, Europe Ecologie - Les Verts, devienne une communauté d’idées et d’expériences à mener ensemble pour les années à venir. L’autre est de déterminer à la fois pour les élections présidentielle et législatives nos lignes de forces et les propositions concrètes que nous estimons nécessaires pour transformer en profondeur notre société productiviste en société écologique. Nous souhaitons donc associer une perspective politique de long terme à des enjeux plus immédiats.

Pour ces deux objectifs, nous avons pris le parti d’une élaboration collective ouverte à la participation des membres actifs d’EELV et de ses commissions thématiques, des coopérateurs/trices et des compagnons/gnes de route qui le souhaitent, à travers les groupes Projet 2012. Nous avons également voulu, par le biais de nombreuses auditions, que soient pris en considération les besoins, les aspirations et les propositions des acteurs sociaux et écologistes, des spécialistes et intellectuel/-es investi-es dans la vie de la cité, de l’entreprise 1et du monde. Ces conditions étaient nécessaires mais non suffisantes pour que la dynamique démocratique ait une réelle ampleur. Pour respecter cette exigence et l’idée de coopérative chère à notre mouvement, notre démarche se devait d’être publique et participative à tout moment. Pour ce faire, outre des groupes de travail transversaux, des « Jeudis de l’écologie 2012 » ont été organisés depuis novembre un peu partout en France et vont continuer de l’être pendant les mois à venir. Ces « Jeudis » sont des auditions collectives publiques sur l’ensemble des domaines de l’écologie politique et les lignes de force politiques qui doivent être remises au centre des débats : éducation, nucléaire, politique de l’eau, politique étrangère, état de la démocratie sont quelques uns des thèmes qui ont été débattus. La société civile est en tribune et en salle, les élu-es sont présents pour écouter et n’interviennent qu’en contrepoint. Les JDE2012, systématiquement filmés et présents sur le site d’EELV, continueront jusqu’aux échéances électorales de 2012, accompagnant les débats programmatiques puis de campagne jusqu’aux élections. Les Etats généraux pour l’Emploi et l’Ecologie sont un autre pilier co-élaboratif de la démarche. Dernière consultation en date : Les Groupes locaux et Conseils départementaux EELV ont pu débattre ces dernières semaines des premiers travaux programmatiques. Les avis parvenus ont été pris en compte par le comité d’animation du projet, d’autres interviendront dans les semaines qui viennent et seront étudiés pour la poursuite du travail.

Les Journées d’été 2010 ont entamé le processus de consultation et permis de commencer à associer de nombreuses personnes intéressées par la démarche d’Europe Ecologie - Les Verts, les Journées d’été de 2011 devront finir cette première étape avant la validation du Projet 2012 par le Conseil Fédéral à l’automne.

A l’occasion de la première Assemblée Générale d’Europe Ecologie - Les Verts, les orientations programmatiques suivantes sont adoptées, comme lignes directrices de ce projet. Nous nous fixons pour cela cinq orientations :
• Vivre mieux en préservant l’humanité et la planète
• Une économie écologique et solidaire
• Vivre ensemble dans une société ouverte et réconciliée
• De l’oligarchie à la démocratie réelle
• Un monde de paix et de justice

Vivre mieux en préservant l’humanité et la planète

- Une mutation énergétique est impérative, face à la crise énergétique et climatique, . Elle doit permettre l’abandon progressif de l’utilisation des énergies fossiles, et l’arrêt du nucléaire civil en 20 ans. Au plus tard en 2050, la production énergétique devra reposer à 100% sur les énergies renouvelables. Cela implique un plan national d’action pour la sobriété et l’efficacité énergétique, la réduction des gaspillages et de notre empreinte écologique, la prise de décision immédiate de sortie du nucléaire, en fermant tout de suite les centrales et les installations les plus dangereuses ainsi que les plus anciennes, et en n’en construisant pas de nouvelles (ce qui inclut l’arrêt des chantiers EPR).

- Une réorientation de la politique des déplacements est indispensable pour réduire pollutions et gaz à effet de serre : plan massif d’investissement dans les transports collectifs urbains et interurbains privilégiant la proximité à la grande vitesse, reconversion de l’industrie automobile vers des véhicules moins puissants, réduction des vitesses autorisées, abandon des projets autoroutiers et aéroportuaires, conversion des projets de LGV coûteux en lignes à haute vitesse accessibles à tous, aménagement du territoire et transport des marchandises privilégiant le fret ferroviaire et maritime et les circuits courts, développement des mobilités douces.

- Un plan d’investissement massif pour la réhabilitation thermique des bâtiments sera engagé visant les 950 000 logements rénovés BBC (BBC= bâtiment basse consommation) et 43 millions de m2 de bâtiments tertiaires par an à l’horizon 2020, avec priorité à l’éradication de la précarité énergétique et la rénovation des immeubles les plus énergivores.

- La politique agricole devra muter vers la promotion d’une agriculture de qualité et durable, qui préserve et crée des emplois dans l’Europe à 27 comme dans le reste du monde - où cela reste l’activité majoritaire. Elle devra produire une alimentation saine, sobre en énergie, et contribuer à préserver l’environnement, au nord comme au sud. Dans cet objectif, la PAC doit être profondément renouvelée, s’appuyer sur des critères environnementaux et sociaux forts, sur le principe de souveraineté alimentaire des grandes régions du monde et sur la régulation des marchés protégeant les produits agricoles et alimentaires de la spéculation. Au niveau national, nous soutiendrons une gouvernance transversale, l’installation de nouveaux agriculteurs et agricultrices, l’appui aux circuits courts, un soutien fort de l’agriculture biologique, une recherche agronomique et un enseignement agricole adaptés, et un moratoire sur les OGM. 

- Une loi d’urgence écologique sera adoptée dès l’été 2012 reprenant les conclusions du Grenelle de l’Environnement abandonnés, édulcorés ou sabotés par les gouvernements Sarkozy.

- Un plan national stratégique pour la biodiversité et une loi sur la Protection et Restauration de la Nature instaureront une bioconditionnalité des aides, rendront opposables les trames vertes et bleues, préserveront l’accès aux ressources génétiques et favoriseront la biodiversité y compris en zone urbaine. Un statut de l’animal le protégeant de toutes les maltraitances sera instauré par la loi. La France prendra également toute sa part dans la réflexion internationale sur le droit du vivant (propriété, brevetabilité, manipulations, etc.).

- La mer et le littoral, laissés en plan par un Grenelle de la Mer sans suite, feront l’objet d’une politique nationale permettant l’avènement d’une pêche soutenable, le développement des énergies marines renouvelables, la sortie de la crise de l’ostréiculture et la préservation du littoral. Pour répondre à la dégradation et atteindre un bon état écologique et chimique des eaux souterraines et de surface, la prévention des pollutions (pesticides, rejets industriels, etc.) sera privilégiée et les politiques de financement seront refondées pour que l’argent de l’eau aille à l’eau. Une politique de reconquête des paysages urbains et péri-urbains sera mise en œuvre en limitant drastiquement la pollution visuelle et mentale imposée par les panneaux publicitaires.

- Une politique nationale de santé environnementale privilégiera la réduction des risques et le principe de précaution à la source par un contrôle strict des produits chimiques, la réduction des pesticides, la sortie progressive de l’incinération en lui préférant la réduction des déchets à 3la source et le recyclage, ou encore la stricte limitation des pollutions électromagnétiques. Afin de mettre en œuvre ces mutations, de nouveaux outils économiques et une nouvelle politique industrielle seront indispensables, avec un souci majeur de reconversion et d’aide en faveur des populations les plus vulnérables. Pour cela, nous proposons :

Une économie écologique et solidaire

- Il s’agit d’assurer la transformation écologique de l’économie pour rompre avec le « toujours plus » et la croissance à tout prix, pour créer des centaines de milliers d’emplois durables, non délocalisables et économes en ressources. Nous favoriserons la relocalisation de l’activité, appliquerons une éco-fiscalité qui intègre une contribution climat-énergie efficiente et redistributive. Cette nouvelle fiscalité dictera des normes d’accès au marché qui éliminent progressivement les produits les plus nocifs et permettra de lutter contre l’omniprésence publicitaire, l’incitation au gaspillage et l’obsolescence programmée des produits.

- Une économie qui offre de travailler mieux, travailler moins, travailler tous et toutes. Celle-ci doit permettre de reconquérir la fierté du travail, à travers la lutte contre la précarité, le harcèlement, les temps partiels imposés notamment aux femmes. Ce nouveau modèle doit insuffler la création massive d’emplois, non seulement « verts », mais liés au partage du travail, et à une redistribution des richesses. Nous souhaitons en effet dégager du temps libre tout au long de la vie, en commençant par le droit à une retraite longue et choisie et la reprise d’une démarche de réduction de la durée hebdomadaire du travail.

- Une économie qui réduise les inégalités par un système fiscal plus juste, mondialement transparent, et une protection sociale consolidée qui réponde mieux aux aspirations de chacun-e. Dans ce cadre, les revenus indécents seront limités vers le haut par un revenu maximum, vers le bas par un revenu universel, inconditionnel pour permettre à tous et toutes de vivre dignement. La valeur ajoutée sera redistribuée plus équitablement entre salariés et actionnaires et contribuera, par la suppression des flux illicites des paradis fiscaux, à un meilleur partage mondial des ressources de développement.

- Une finance internationale plus responsable et mieux régulée. Nous interdirons les produits financiers les plus risqués et renforcerons les contrôles, instaurerons une taxe sur les transactions financières, réduirons les taux de rentabilité prédateurs de la finance et développerons un pôle financier public. Nous favoriserons la diminution de la taille des banques, retirerons la garantie publique des dépôts aux banques qui réalisent des activités spéculatives sur les marchés financiers et limiterons leur accès aux marchés publics si elles sont présentes dans les paradis fiscaux.

- La mobilisation de tous les acteurs économiques sociaux et environnementaux. La transformation écologique de notre société passe par l’implication de tous dans un processus organisé et crédible de transition. Nous agirons pour donner plus de pouvoir aux salariés et représentants de la société civile dans l’élaboration des stratégies des grandes entreprises. Nous faciliterons le développement des PME et la protection de leurs salariés. Nous mobiliserons les services publics au service de ce bien public qu’est la qualité de notre environnement et de notre vivre ensemble.

Vivre ensemble dans une société ouverte et réconciliée

Les crises successives et la désignation de boucs émissaires par le gouvernement ont déchiré le tissu social. Le recoudre est une priorité pour réduire les inégalités et rendre nos sociétés plus fortes et plus solidaires face aux crises à venir.

- Vivre ensemble ne peut se concevoir que dans un strict respect de l’égalité entre les femmes et les hommes, une solidarité réaffirmée entre toutes les générations, une lutte vigoureuse contre les discriminations, une application indiscutable du principe de laïcité, un réel esprit de générosité envers les plus vulnérables, quelle que soit leur nationalité. Seuls ces principes nous permettront de réparer un tissu social mis à mal par les politiques mises en œuvre ces dernières années. Celles-ci ont conduit à diviser la société française, ont exilé plus encore certaines populations dans de réels ghettos urbains et sociaux, ont aliéné les chances d’éducation de certains enfants, et ont plongé un nombre croissant de personnes dans la pauvreté.

- Un des premiers droits est de garantir un logement décent pour chacun par la relance de la construction de logements (800 000 logements dont 150 000 PLAI), le renforcement de la loi SRU, l’encadrement des loyers et du prix du foncier, l’arrêt des expulsions et la réquisition des logements institutionnels et des immeubles de bureaux vacants.

- L’accès aux besoins fondamentaux - eau, énergie, télécommunications - doit être garanti et couplé à un tarif progressif taxant les surconsommations.

- Assurer le droit de toutes et de tous à la santé implique de mettre la lutte contre les inégalités sociales face à la mort et la durée de vie au cœur de la politique de santé. Nous devons opérer une mutation profonde permettant de passer d’un système médical à un système de santé, et, dans cet objectif, décentraliser la politique des soins et instaurer une nouvelle démocratie sanitaire. L’égalité d’accès aux soins et une véritable couverture médicale universelle pour tous et toutes, doit être garantie. Enfin, notre système, prioritairement orienté vers le curatif, doit devenir un système global de santé. Nous mettrons en place une politique de santé environnementale et de renforcement de la santé au travail, une politique d’éducation et de promotion de la santé. Nous accorderons un rôle plus important à la prévention en direction à la fois de la population générale et des groupes les plus vulnérables. Dans ce cadre, les usager-es de drogues doivent cessé-es d’être poursuivi-es, pénalisé-es et emprisonné-es, mais être accompagné-es, soigné-es et sujets d’une vraie politique de réduction des risques. Nous veillerons au renforcement des droits à la santé procréative (en particulier l’avortement et la contraception) et à l’évaluation rigoureuse des innovations - y compris dans le domaine des médecines dites non conventionnelles. Nous assurerons la défense et la modernisation de l’hôpital public, la reconnaissance du rôle de la médecine générale dans les soins primaires et le suivi des patient-es, ainsi qu’une place plus importante accordée aux usager-es dans la gestion des soins et de la politique de santé.

- Une société éducatrice par une formation tout au long de la vie suppose d’abord la création d’un véritable service public de la petite enfance impliquant l’Etat, les collectivités et le tissu associatif. Il faut aussi créer une "école fondamentale", de 6 à 16 ans, qui permette à tous les élèves de vivre une expérience commune associant un haut niveau d’exigence culturelle et la découverte du monde professionnel. Cela nécessite que l’enseignement supérieur et la formation continue assument ensemble leur rôle de démocratisation de l’accès aux savoirs, que chaque personne ait droit à un crédit d’années de formation à suivre tout au long de la vie, avec une garantie de revenu. Mais tout cela ne peut réussir que si les organisations représentatives et l’ensemble des acteurs concernés – notamment les parents - sont associés à la réflexion et à la mise en œuvre de ces projets. Tout cela n’est possible que si notre pays est capable de poser les questions éducatives dans leur globalité, incluant aussi bien les problèmes scolaires que la question de la parentalité, des médias ou de l’Education populaire.

- Des services publics associant les usager-es : Dégagés des contraintes du profit, les services publics contribuent à la fondation d’une société écologique, juste, solidaire, redistributive, garante des libertés publiques. Ils doivent associer la population, les personnels et les élu-es à leur gestion. Des services publics de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications, de la Poste, du logement, du crédit, de l’emploi, etc. sont à (re)construire. Il faut stopper le démantèlement des services publics de la petite enfance, l’Éducation, la Recherche, la justice et la santé et les améliorer. Il faut développer l’économie sociale et solidaire en complément des services de l’Etat et des collectivités publiques.

- Mettre l’humain au cœur d’une politique de sécurité et de justice équilibrée, reposant sur la prévention, la dissuasion, la sanction, la réinsertion et la médiation. Il faut créer une police proche des territoires, disposant d’une plus forte autonomie, tout en imposant un moratoire sur la vidéosurveillance aussi coûteuse qu’inefficace. Il faut garantir les droits des citoyen-nes par l’indépendance du parquet, une augmentation des moyens (notamment pour des pôles financiers et environnementaux), un renforcement des droits de la défense à toutes les étapes de la chaîne pénale (garde-à-vue, instruction, procès, aménagement des peines), un meilleur accès au droit. Nous lutterons contre les justices d’exception. Nous estimons nécessaire de repenser notre modèle de sanction. Nous voulons à la fois donner un véritable sens à la peine par l’amélioration des conditions de détention, un numerus clausus et un moratoire sur la construction de places de prison supplémentaires, mais également et surtout promouvoir les sanctions alternatives à l’incarcération et se donner les moyens d’un véritable modèle de réinsertion.

- La culture est aujourd’hui le parent pauvre des programmes politiques. Sans doute parce que les défis de la mondialisation imposent une véritable redéfinition et une réflexion urgente sur la culture et les cultures (patrimoine et innovation, culture nationale et culture métissée, culture scientifique, débats publics..) et leurs modes d’élaboration, d’interaction et de diffusion. Nous ne pouvons pas abandonner la culture aux lois du marché. Les questions du contenu et de la diversité culturelle comme levier de reconnaissance et de coopération mutuelles dans une société-monde, de l’accès à la culture pour tous sont des questions politiques où les rôles respectifs des acteurs publics et privés, des sociétés civiles et des gouvernements doivent être pensés à travers un projet où la création, le partage et le libre accès se complètent. Pour cela, il faut notamment défendre les langues régionales, la préservation et l’inventaire du patrimoine immatériel, pérenniser l’emploi culturel, et innover dans les dispositifs de l’intermittence.

- Pour une société de la solidarité intergénérationnelle. Notre société fait face à une transformation démographique qui exige une réelle prise en compte du vieillissement chez les personnes en bonne santé et désireuses d’apporter leur contribution. Nous veillerons à ce que cette population puisse trouver sa place de manière active et valorisée dans la société. La solidarité entre les générations en effet est un des grands éléments d’équilibre de notre société.

- Une pollinisation réciproque entre science, société et cultures par un financement public de la recherche et de l’innovation ambitieux, mieux ciblé et mieux évalué, l’émergence d’une démocratie scientifique, le partage des biens communs et la protection des droits des internautes. De l’oligarchie à une démocratie réelle Une démocratie renouvelée passe par l’instauration d’une VIème République parlementaire. Celle-ci se fera par le biais de l’élection d’une assemblée constituante, sera régionalisée et fédérale (fédéralisme différencié de Régions), s’appuiera sur des systèmes électoraux proportionnels ou préférentiels garantissant la parité et l’accession des femmes à des postes décisionnaires. Elle mettra en place l’élection au suffrage direct des élu-es intercommunaux/ales, ouvrira le droit de vote aux résident-es étranger-es, rendra le référendum d’initiative populaire possible et assurera le renforcement des contre-pouvoirs. Le non-cumul des mandats, y compris dans le temps, ainsi qu’un un véritable statut de l’élu-e permettra d’ouvrir la participation politique à tous et toutes.

- Des citoyen-nes acteurs et actrices de la construction des politiques publiques et de la transformation écologique et sociale : Nous soutiendrons l’éducation populaire, les coopératives d’habitant-es. Nous mènerons une politique en direction des quartiers populaires qui s’appuie massivement sur l’expérimentation citoyenne, notamment des jeunes. Nous aurons une politique d’ouverture de débats et de consultations publics sur les grands enjeux civilisationnels et sociétaux.

- Une société qui garantit l’égalité réelle des droits, porteuse de droits nouveaux  : nous lutterons contre toutes formes de discrimination, mettrons les outils nécessaires à l’égalité entre femmes et hommes au travail comme dans la société et l’instauration d’un ministère d’Etat des droits des femmes. Nous permettrons l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et la reconnaissance légale de l’homoparentalité. Nous simplifierons les modalités de transition pour les personnes trans et assurerons l’égalité des droits (sociaux, civils et civiques) de tou-tes les habitant-es pour mettre en œuvre la citoyenneté de résidence. Nous régulariserons les sans-papiers, permettrons l’unification du titre de séjour renouvelable de plein droit et adopterons une politique ouverte de visas. Nous assurerons un accès au droit commun pour toutes et tous, quel que soit le statut de chacun-e ; une responsabilité partagée quant à l’accès de tous et de toutes, partout dans le monde, aux droits fondamentaux, civils et politiques, sociaux et culturels. Nous lutterons pour la reconnaissance du droit à mourir dans la dignité.

Un monde de paix et de justice

- Une Europe fédérale, démocratique et citoyenne pour relancer le rêve européen, grâce à de nouvelles institutions, aux compétences élargies, véritablement fédérales, élaborée par une Constituante permettant l’expression d’une véritable citoyenneté européenne, ainsi que la relance des discussions en vue de l’adhésion de la Turquie et des pays de l’ex-Yougoslavie.

- Une politique écologique globale de solidarité internationale. Nous romprons avec une diplomatie de circonstances et mettrons le bien commun de l’humanité au-dessus de la protection des intérêts particuliers. Notre diplomatie sera au côté des peuples qui réclament leurs droits à la justice et à la liberté. Nous œuvrerons pour que le commerce équitable devienne la règle universelle, et promouvrons une régulation mondiale pour une meilleure répartition des ressources. Nous travaillerons à une démocratie globale redonnant sa légitimité à l’ONU notamment par une meilleure représentativité au sein du Conseil de Sécurité et par des juridictions transnationales ouvertes aux victimes. Nous nous battrons pour la transparence et la visibilité des mécanismes de l’APD et du FED afin de transformer en profondeur les relations Nord Sud, de permettre de construire des relations France-Afrique fortes et d’en finir avec celles de la Françafrique, ce qui passe par la révision (transparente) des accords de coopération et d’assistance militaire.

- Un monde responsable du « bien vivre » et des biens communs planétaires. Pour la moitié rurale de l’humanité, pour plus d’un milliard d’êtres humains qui ont faim, des politiques de souveraineté alimentaire et une révolution agro-écologique sont les clefs majeures des luttes croisées contre la faim, la misère, et les méfaits du changement climatique.

- Pour une vie digne dans les banlieues du monde, il y a urgence et obligation à respecter les engagements internationaux, toujours reportés, en satisfaisant au plus vite aux droits fondamentaux de toutes et de tous, droits civils et politiques, droits sociaux et culturels ; parmi eux notamment, avec l’égalité femme-homme, l’alimentation, la santé, l’éducation et l’emploi. Le monde ne sera ni paisible, ni vivable avec des milliards d’exclu-es, au nord comme au sud.

Il est possible d’articuler stratégies de politiques publiques et réponses pragmatiques, et de faire avancer pour toutes et tous, l’indispensable responsabilité écologique et la justice sociale mondiales. Il est essentiel pour cela de s’appuyer sur les multiples acteurs de la société civile, mus, comme les écologistes, par l’indignation et la raison. Avec eux, les collectifs de femmes, de paysans, de jeunes, les peuples autochtones, etc. dans une alliance altermondialiste qui s’élargit de jour en jour contre des inégalités destructrices, le mouvement écologiste peut faire avancer le droit international, le débat public multipartite et la/les démocratie/s planétaire/s. Il peut réengager l’action politique dans la maîtrise de l’économie et de la finance, c’est-à-dire dans la maîtrise des multinationales, le partage des ressources et des biens communs. Il s’agit de changer de paradigme et de faire primer les valeurs sociales, environnementales, de développement humain et coopératif sur les normes marchandes.

Une politique écologique globale de paix repose sur l’abandon de l’arme atomique et la proposition d’un calendrier de désarmement nucléaire multilatéral ou à défaut unilatéral, une représentation effective des femmes, grandes victimes des conflits actuels, lors des grandes conférences européennes et internationales, la création d’un Conseil européen de sécurité, une défense européenne ayant un rôle de force d’interposition et un service civil européen pour la prévention des conflits, l’engagement vers une dissolution à terme de l’OTAN, la réduction et une reconversion de l’industrie d’armement, le retrait rapide des troupes d’Afghanistan accompagné d’un plan de reconstruction et de réparation de guerre.

Elle passe enfin par l’éducation à la non-violence et par un monde plus responsable et solidaire.


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