2017 - Babord Toute
Primaire citoyenne

L’heure du premier rassemblement

Remarques sur le programme de Benoit Hamon
mercredi 25 janvier 2017 par Antoine SEREINE

La gauche est divisée parce qu’elle a été divisée dès les années 80 et encore récemment lors du quinquennat actuel. Il lui appartient de reconstruire une unité, ou du moins un rassemblement en direction d’une gauche honnête.
La victoire, quel qu’en soit le prix, d’un camp sur l’autre lors de cette primaire n’est pas la solution qui fera lever cette gauche honnête.
La victoire de la gauche honnête aux élections présidentielles requiert les efforts de tous les candidats pour se rassembler s’unir autour d’un programme commun.

Vers une gauche honnête

Les commentaires critiques qui suivent portent sur les points les plus criticables du programme actuel de Benoit Hamon.

Revenu universel

Le « revenu universel » est une proposition très débattue, sous divers noms, dans la société et tout autant contestée. Il n’y a aucune évidence à dire qu’il s’agirait d’une proposition de gauche, et surement pas de la gauche honnête, mais bien plutôt une proposition de circonstance encouragée par le désarroi provoqué par les politiques néolibérales qui affligent le monde depuis 40 ans.

Le meilleur peut en sortir comme le pire, le pire étant le développement dans les esprits et les pratiques des français d’un surcroit de « libéralisme rentier » et d’un « paternalisme libertaire » aux antipodes de la solidarité.

Il existe des contre propositions connues au « revenu universel » qui mériteraient d’être examinées et décidées par la voie citoyenne.

- La plus simple et la moins bouleversante de ces contre propositions est la simplification des procédures sociales actuelles proposée dans le rapport Sirugue ; c’est probablement de ce rapport qu’émane la proposition de « revenu décent » de Manuel Valls, largement moins ambitieuse que celle du « revenu universel ».

- L’autre proposition alternative au « revenu universel » est celle dite du « salaire à vie » développée par Bernard Friot et l’équipe de « Réseau salariat ».

Contrairement au « revenu universel » qui parait, à la comparaison, comme un emplâtre sur une jambe de bois, la proposition de « salaire à vie » est plus ambitieuse. Peut être mal nommée car réductrice au « salaire à vie » , la proposition intervient aussi bien sur la distribution primaire des revenus que sur la redistribution, et s’appuie sur les principes suivants : salaire à vie, suppressions de la propriété et du crédit lucratif, encadrement par la loi des inégalités de salaire. Elle relève d’un projet d’émancipation du travail.

Elle apporte une solution partielle au chômage dont elle atténue la double peine : perte de l’emploi et perte de la rémunération.

Elle récompense le travail, maintient les échanges marchands, n’appelle pas à l’étatisation et ouvre la porte à une démocratisation réelle de la production et de la société.

En tout état de cause, l’engagement des candidats dans la voie d’un aménagement des « revenus » mériterait un débat citoyen sur la question du « salaire à vie », prometteur des changements nécessaires, dont celui de de modifier profondément la finance et ses réseaux pour la remettre au service de la société ; modification sans laquelle la montée des inégalités est sans issue.

Ce sujet est débattu comme en témoigne ces trois références :

1/ « L’allocation universelle est elle juste ? »

2/« Revenu inconditionnel ou salaire à vie ? »

3/ « Le revenu universel inconditionnel peut il libérer la société du travail ? »par David Cayla- Economistes atterrés

Nucléaire, Diesel, Cannabis

Les propositions de Benoit Hamon en ces matières sont clientélistes ; directement issues des mouvances écologistes et de leurs dérives technocratiques ou libertaires ; elles n’ont plus rien d’écologiques mais témoignent d’une aliénation nouvelle à l’écologisme.

La transition écologique, nécessaire, peut se faire avantageusement sans recours à ces propositions qui divisent, sans bénéfice ni utilité, les français, et maintiennent inutilement des polémiques.

PMA pour toutes les femmes

Cette proposition s’inscrit dans la continuité du vote de la loi sur le « mariage pour tous » qui fut et reste fortement contestée et devrait être remise en chantier.

Cette loi a été fondée sur un détournement de l’égalité républicaine au profit de l’égalité biologique, apportant confusion complète des esprits entre égalité et identité ; elle fut de plus votée à la suite d’un forcing législatif, aveugle et sourd.

Mal née, cette loi a déshonoré la majorité politique de gauche de l’époque, et fait perdre au président Hollande qui l’a promulguée, la confiance du peuple.

La « PMA pour toutes les femmes » est un détournement, à des fins individualistes et sexistes, des techniques de procréation assistée, développées pour la réparation des infertilités dans les couples humains.

C’est une proposition sexiste et discriminante, en contradiction complète avec les principes de l’égalité en droits républicaine ; elle s’appuie sur une corporation médicale à la recherche de débouchés. Enfin c’est une proposition qui livre la procréation humaine au marché, et expose l’humanité à tous les abus marchands, en premier lieu à la dérive de l’eugénisme.

- La quatrième partie de l’étude d’Alexis Escudéro [1] , intitulée « Les Crimes de l’égalité », portant sur « la reproduction artificielle de l’humain », est éclairante sur les manipulations et confusions dont l’égalité républicaine a été et est toujours à la fois l’objet et l’enjeu. Dans un entretien avec la décroissance, Alexis Escudéro s’explique précisément sur la PMA, ses perspectives et ses limites.

[1Alexis Escudéro est le pseudonyme d’un collectif travaillant à PMO (Pièces et Main d’Oeuvre)


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